article sur le Charia, Explication sur le Charia

Charia Article, Signification, Explication

       

La charia (šarīʿaʰ, charî‘a شَرِيعَة) est le code de jurisprudence religieuse musulman. Le terme signifie en arabe « fil conducteur dans la vie ».

Ce terme désigne la dimension exotérique de l'Islam concernant les domaines :

Table of contents
1 Origine
2 Organisation
3 Problèmes d'herméneutique contemporaine
4 Articles connexes

Origine

La charia a été codifiée au IXe siècle par deux théologiens juristes (fuqahâ en arabe), Ahmed ben Hanbal (740 - 855) et Shâfi'î (767 - 820) suite au triomphe de la réaction hanbaliste et au massacre des motazilites sous le successeur du calife éclairé Haroun Al Rashid (Al Rachid = l'inspiré).

Organisation

La charia classe les actions humaines en cinq catégories :
  1. ce qui est obligatoire, comme le respect des cinq piliers de l'Islam,
  2. ce qui est recommandé, comme le mariage,
  3. ce qui est indifférent (mubâh),
  4. ce qui est blâmable (makrûh), comme le célibat ou le divorce,
  5. ce qui est interdit, comme les délits pénaux (vol, meurtre, etc.) ou les tabous alimentaires (porc, alcool, etc.).

Ses formulations sont de 2 ordres :
  • la loi (al hukm)
  • la fatwa

la loi

Elle désigne la visibilité pratique de l'Islam. Elle vise à organiser et structurer la société selon un projet global basé sur une philosophie du droit. Ses juges se nomment des cadis (qâdi).

A Mayotte (collectivité d'outre-mer française), la laïcité est fondée sur un principe similaire à celui des régions concordataires, la sharya'a est, pour partie, intégrée au droit français pour ce qui concerne la population majoritairement musulmane. En conséquence, le préfet nomme un cadi.

article spécialisé : laïcité en France

La loi est structurée en deux parties :

La fatwa

La
fatwa est une norme mobile, de l'ordre du conseil et/ou de la responsa. C'est une jurisprudence correspondant à un cas d'application inattendu, inouï.

Problèmes d'herméneutique contemporaine

Caducité

Certaines dispositions de la chary'a sont caduques du fait de l'évolution de la
société ; il devient donc inutile de les préserver. Tel est le cas des questions concernant l'esclavage.

Selon Leila Babès, des pratiques culturelles, c'est-à-dire contingentes ont été incorporées plus ou moins consciement dans le droit musulman aboutissant à une dégradation du message éthique de la révélation en religion du droit positif. Celui-ci tend à se dogmatiser et à revendiquer abusivement un statut d'orthodoxie alors que l'essentiel de la charia vise à une orthopraxie.

Dans son livre, Loi d'Allah, Loi des hommes, elle considère que le point d'arrivée est un système coercitif omettant le principe juridique fondamental en Islam que tout ce qui n'est pas expressément défendu est permis.

Transmission

Dans nombre de pays européens, dont la France, la Belgique et la Grande-Bretagne, les jeunes musulmans découvrent les mu'amalat par différents canaux :
  • une littérature simplifiée à l'extrême à bon marché,
  • une prédication directe et audio-visuelle bas de gamme.
Selon Tareq Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux, ces instruments tiennent plus de la propagande que de la formation spirituelle en cela que la révélation s'y trouvé réduite à savoir s'il est licite de manger de la main gauche et quelle doit être la répartition des espaces sociaux entre hommes et femmes voire la séparation entre femmes voilées et non voilées si par hasard elles sont admises.

Tareq Oubrou regrette que les oulémas (عالم [`ālim], sage; savant; érudit; ouléma, pl. علماء [`ulamā']) européens ne s'expriment pas là-dessus et laissent faire.

La tendance actuelle des courants politiques extrêmistes à militer et à obtenir l'intégration de la charia dans la constitution conduit à la fossilisation des décisions sur la situation d'une société du IXe siècle et à leur conférer un caractère de dogme au lieu de loi.

De ce fait, les applications qui en sont faites, sont pour le moins inadaptées. La tendance d'assimiler une telle application de la charia à une globalité musulmane indifférenciée rèvèle un usage idéologique de la religion tout aussi fondamentaliste.

Par exemple, le Coran n'interdit pas le remariage d'une femme veuve alors que la charia telle qu'appliquée dans certains pays (nord du Nigeria) le proscrit. Juger les musulmans sur les applications excessives de la charia reviendrait à juger les chrétiens sur celles des lois inquisitoires du XIIIe siècle.

Cette dégradation d'un système éthique en législation et en administration des rapports sociaux quitte le registre vertical du rapport de l'homme à la transcendance pour s'investir dans la relation entre les croyants et les non-croyants, cette catégorie étant trop diversifiée pour la réduire au mot athée. L'injonction morale de prescrire le bien et de prévenir le mal s'adresse-t-elle à l'individu ou au pouvoir politique ?

Incompatibilité entre charia et démocratie

La charia insiste -de façon assez explicite- que tous les droits et toutes les libertés des musulmans sont limités et conditionnés par les règles du Coran et de la charia. Cela implique que la charia préconise la priorité des règles islamiques sur toutes les valeurs et les lois qui se basent sur les chartes des droits de la personne. Les bases éthiques de la charia sont dès lors donc totalement contraires et incompatibles avec les chartes des droits de la personne ou de la Déclaration universelle des droits de la personne. En plus, cette déclaration islamique introduit aussi une discrimination totale à l`égard de toutes les personnes non-islamiques.

C'est à cause de cette contradiction et de cette incompatibilité que la Cour européenne des Droits de l’Homme a jugé [1] que la charia est (selon une interprétation stricte et litéraliste) incompatible avec les fondements de la démocratie.

Articles connexes


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