article sur le Celtes, Explication sur le Celtes

Celtes Article, Signification, Explication

               

Les Celtes (grec keltoï) – dont certains furent nommés « Galates » (grec galatai), puis « Gaulois » (latin galli) par les Grecs puis par les Romains – constituent une civilisation protohistorique européenne (qui survécut au Moyen Âge en Irlande). Les Celtes appartiennent à la famille des Indo-Européens. Ne connaissant pas d'unité politique, ceux que l'on désigne ainsi étaient une myriade de peuples possédant des lois, des coutumes, des rites différents (César, De Bello Gallico, I, i), surtout connus dans les sources antiques grecques et romaines pour leur valeur guerrière, leur caractère emporté, leurs sempiternelles luttes intestines et pour les mystères de la religion druidique.

Ils ne constituèrent pas une civilisation sanguinaire et destructrice comme les auteurs anciens l'ont souvent écrit (ils sont connus pour avoir pratiqué les sacrifices humains et pour avoir voué un culte aux têtes coupées, notamment chez Diodore de Sicile), mais bien une culture riche, unique durant l'Antiquité, qui sut s'épanouir et notamment, développer un art tendant à l'abstraction dont la valeur est aujourd'hui reconnue.

C'est certainement leur incapacité à s'unir et à fonder des entités politiques plus vastes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu'à l'instar des Grecs archaïques, les Celtes avaient horreur du centralisme et ne connaissaient que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme (voir à l'article « Gaulois »).

L'histoire des Celtes est marquée par une succession de conquêtes spectaculaires (jusqu'au IIe siècle avant notre ère) qui les menèrent jusqu'en Asie Mineure, puis par une suite de revers militaires qui les cantonna aux seules îles britanniques et à l'Irlande, après la guerre des Gaules de -58 à -51 avant notre ère.

Table of contents
1 Sources et définition
2 Histoire
3 Civilisation
4 Héritage
5 Voir aussi
6 Bibliographie et liens

Sources et définition

Sources historiques

Les Celtes sont apparus dans l'Histoire au travers de textes postérieurs, rédigés par leurs ennemis (comme la Guerre des Gaules, de Jules César) et/ou d'après le souvenir de leurs victimes (ils assiègent le Capitole et pillent le sanctuaire panhellénique de Delphes au IVe siècle), ce qui leur vaut la description de barbares sanguinaires qui a été mentionnée plus haut.

Il faut attendre près de deux siècles pour que - la plupart de ces peuples en mouvement s'étant déjà fixés depuis longtemps - les sources nous livrent une profusion de détails géographiques et culturels qui ne sont plus directement en relation avec le bellicisme celtique. Ainsi, les limites géographiques des peuples celtiques sont mieux connues à l'époque de la république romaine tardive (Ier siècle avant notre ère), au moment même où les Celtes sont pris en tenaille sous les assauts conjugués des Romains et des Germains.

Voici une liste, non-exhaustive et à développer, des principaux auteurs anciens qui nous renseignent sur les Celtes :

  • HĂ©catĂ©e de Milet (première mention historique) et HĂ©rodote, Histoires
  • Polybe, Histoires (livre II)
  • Denys D'Halicarnasse, AntiquitĂ©s romaines
  • Posidonios (ou Posidonius, dit de Rhodes ou d'ApamĂ©e), Le monde, L'ocĂ©an, Histoires (continuation de l'Ĺ“uvre de Polybe)
  • Diodore de Sicile, Bibliothèque historique
  • Jules CĂ©sar, De bello gallico
  • Tite-Live, Histoire romaine
  • Strabon, GĂ©ographie (notamment inspirĂ© par Posidonios)
  • Pline l'Ancien, Histoire naturelle
  • Lucain, La Pharsale (en particulier sur la religion)
  • Ammien Marcellin, Histoires, XV (reprend Timagène d'Alexandrie)

Sources archéologiques

L'
archéologie nous renseigne quant à elle sur un autre aspect important du monde celte : l'importance de l'artisanat, qui explique aussi une domination des arts mineurs, tels que l'orfèvrerie, dans les arts celtiques. De plus, nombre des innovations du monde celte qui ne sont pas des œuvres d'art, telles que l'enclume ou le tonneau connaissent un succès mérité dans le monde romain.

Une statuaire celte est connue, qui a longtemps été cantonnée au sud-est de la Gaule (Roquepertuse, Entremont, guerriers gaulois de Vachères) et dont on supposait qu'elle était due à l'influence proche de Marseille grecque. L'invention d'une statue originale à Glauberg (Allemagne) démontre que cette vision des choses est partielle.

Les sources archéologiques ont également permis d'acquérir une connaissance importante de l'armement celtique ou encore, récemment, d'entrevoir un univers spirituel sanguinaire qui s'approche d'avantage de celui que les textes romains présentaient pour les peuples belges.

Enfin, les objets et les structures livrés par les nombreux oppida (véritables villes-fortifiées comme à Entremont, près d'Aix-en-Provence ou à Bibracte, la capitale des Éduens) ont mené à la conclusion que les Celtes avaient progressivement développé, jusqu'à la veille de la conquête romaine, une civilisation complexe, qui n'ignorait plus l'urbanisme.

Étendue et peuplement du « monde celtique »

Compte tenu de la durée de la civilisation des Celtes, qui s'étend de la protohistoire jusqu'au Moyen âge, et compte tenu des dimensions de l'espace géographique que les Celtes occupèrent en Europe, il convient avant d'aborder la question du peuplement celtique de rappeler quelles sont les limites connues et communément admises pour le monde « celtique » (la koiné celtique).

Les sources les plus anciennes mentionnent les Celtes, habitant les régions qui vont des colonnes d'Hercule jusqu'au Danube (Hérodote au milieu du V siècle), c'est-à-dire à peu de choses près l'Espagne, la France, le nord de l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche (où la présence de populations à caractère celtique est attestée).

C'est à la fin du IV siècle qu'apparaît, encore dans les sources grecques, le terme « Galates » pour désigner précisément les Celtes réunis sous l'autorité d'un Brenn (chef) qui se heurtent aux Grecs à partir de -310, traversent non sans laisser de traces les Balkans et gagnent l'Asie près de Byzance. Le contexte dans lequel ce nom est utilisé laisse penser que les intéressés se nommaient ainsi.

Près de deux siècles et demi après, Jules César mentionne les Gaulois, qui se nomment Celtes dans leur langue et qui habitent une partie de la Gaule (les deux autres parties étant peuplées par les Aquitains et par les Belges).

Point commun de ces trois témoignages qui reflètent par ailleurs des réalités et des objectifs différents, l'existence des Celtes est attestée durant ces siècles qui, d'Hérodote à César, constituent ce que les archéologues ont nommé « civilisation de la Tène » (du site de La Tène, sur la Thielle, en Suisse).

À ce « domaine celtique » attesté par les sources historiques, il faut ajouter l'île de Bretagne, également conquise peu après par les Romains et dont César mentionnait la spécificité par rapport à la Gaule. Il faut, enfin, ajouter l'Irlande, de l'âge du fer jusqu'au haut Moyen Âge, telle que la révêlent l'archéologie et la tradition, les textes chrétiens insulaires de cette dernière période.

Celtes ou Gaulois ?

Considérant ces données, une définition restrictive des Gaulois se rapporte, pour les archéologues, à ce qui relève des régions continentales relativement proches de Rome (sur les territoires de la France, de la Belgique, de l'extrême ouest de l'Allemagne et de l'Italie du nord), et peuplées par des Celtes entre la fin du IV siècle avant notre ère et la fin de la conquête de la « Gaule chevelue » par Jules César (en -51).

Cette définition exclut notamment les Celtes de Bretagne et d'Irlande, les Celtes de Bohême ou Scordisques, mais inclut les Belges, les « Gaulois du midi » (soumis par Rome un siècle avant leurs voisins du nord), et les Gaulois cisalpins.

A contrario, on regroupe sous le terme Celtes les Gaulois (y compris les Belges), les Scordisques (Celtes danubiens), les Celtibères (Celtes d'Ibérie, c'est-à-dire d'Espagne) les Bretons (Celtes de Grande-Bretagne), les Gallois du haut Moyen Âge, les Celtes d'Irlande ou encore, les Galates d'Asie mineure.

Histoire

Ethnogenèse des Celtes

Concernant l'origine des Celtes, deux explications extrèmes sont possibles sans qu'aucune donnée archéologique ou historique permette de trancher.

Soit une vague de peuplement pré-celtique ou celtique de l'Europe aurait eu lieu, se superposant à un ou plusieurs peuplements antérieurs: le problème de savoir quand et à partir de quel foyer ce peuplement se serait produit se pose alors. Soit une civilisation à proprement parler « celtique » se serait lentement développée par diffusion culturelle sur un fond de peuplement préhistorique antérieur : dans ce cas, aucun bouleversement ethnique d'importance n'aurait accompagné la « naissance » des Celtes. Évidemment, la combinaison ou la juxtaposition partielle de ces deux explications est également possible.

En tous cas, les ancêtres des Celtes, peut-être à rechercher parmi les peuples pré-celtiques, furent probablement parmi les premiers Indo-européens à avoir remonté le Danube et peuplé la région alpine. Ces peuplades préhistoriques occupèrent durablement toute la partie occidentale de l'Europe, de l'Écosse au Nord jusqu'à l'Espagne au sud, et des Balkans à l'Est jusqu'à l'Irlande à l'ouest.

La culture des champs d'urnes

Pour de nombreux chercheurs, les origines d'un peuplement qu'on peut réellement associer à la au noms des Celtes seraient identifiables à partir du IXe siècle av. J.-C, au premier âge du fer, dès la fin de la culture des champs d'urnes.

Un changement culturel majeur, en effet, a lieu dans l'Europe préhistorique, vers -1300 : l'exploitation du bronze, et sa production gagnent brutalement en qualité et, dans le même temps, les tumuli (latin – sing. tumulus : tertres funéraires) sont remplacés par des champs d'urnes : les sépultures ne se font plus par inhumation mais par crémation. Les cendres des défunts sont alors placées dans une urne qui est rassemblée avec d'autres. L'expansion de ce mode de sépulture est constatée dans toute l'Europe centrale et occidentale, jusqu'à l'Irlande.

La culture de Hallstatt : premier âge du fer

Vers -900 à -800, une innovation technologique considérable vient bouleverser une civilisation relativement stable : la métallurgie du fer. Les débuts de cette métallurgie sont connus dans le sud de l'Allemagne, l'Autriche et l'est de la France : ils semblent associés à l'émergence d'une aristocratie guerrière dont le prestige repose sur l'usage de l'épée et sur la possession d'attelages d'apparat (les premiers chars celtiques). C'est la culture du Hallstatt (repère H sur la carte ci-dessous). Il faut moins de cent ans pour que ces technologies soient connues dans l'ensemble du monde celtique, preuve d'une grande cohésion de l'ensemble dès cette époque. Parmi les sites de cette époque, l'un des plus connus est le tombeau de la princesse de Vix, dans la Côte-d'Or.

Si la prospérité économique initiale du premier âge du fer, période qui semble avoir été relativement stable sur le plan politique, repose sur un axe commercial nord-sud, situé à l'est des Alpes et reliant la Méditerranée à la Baltique (route du commerce de l'ambre), des changements surviennent dès les VIIIe-VIIe siècles avant notre ère.

Vers -700/-600, en effet, les inhumations sous tumulus réapparaissent, sans doute liées à des changements religieux qui traduisent une dégradation économique. Les centres économiques originels du premier âge du fer connaissent à la même période un déclin au profit de nouveaux centres secondaires. Le site de Hallstatt est brûlé et ne sera plus réoccupé ; simultanément, la multiplication de petits oppida (latin sing. oppidum : un lieu élevé (colline ou montagne) dont les défenses naturelles ont été renforcées par la main de l'homme) traduisent un état d'insécurité corrélatif d'un émiettement de l'autorité politique. Des mouvements de peuples sont alors attestés par les sources grecques : c'est à cette époque qu'est utilisé pour la première fois le terme keltoi pour désigner les peuplades résidant au nord des Alpes.

La culture laténienne : deuxième âge du fer

Vers -400 au plus tard, débute en Europe continentale une nouvelle période, appelée le deuxième âge du fer. Elle est caractérisée par une nouvelle civilisation qui doit son nom à un site remarquable : celui de La Tène (repère L sur la carte jointe plus loin), découvert sous les eaux du lac de Neuchâtel, en Suisse. Au même moment, des peuples celtiques se mettent en route à travers toute l'Europe et bouleversent le monde antique.

L'expansion celtique des IVe-IIIe siècles

Peut-être dans le prolongement des bouleversements des Ve-VIe siècles, les Celtes entament au début du IVe siècle une phase d'expansion vers l'Est et vers la Méditerranée.

Tour à tour envahisseurs et pillards redoutés, les Celtes sont à Rome en -390. Vers -350 ils envahissent la future Bulgarie, la Thessalie, Athènes. Ils pillent Delphes et fondent Belgrade. Une ambassade celte rencontre Alexandre le Grand sur les rives du Danube. En -278, la présence de mercenaires celtiques en Galatie (Asie mineure, repère G sur la carte) est attestée : ils vont jusqu'en Syrie.

, c'est durant la deuxième période de l'âge du fer, celle de la Tène (repère L sur la carte) que l'existence des Celtes est réellement attestée par des sources historiques et c'est à la fin du IIIe et au début du IIe siècle qu'ils connaissent leur plus grande expansion géographique (zone 2 sur la carte).

Ils la doivent sans doute en premier lieu à leur armement en fer. La métallurgie du fer, en effet, maîtrisée à l'époque de Hallstatt, confère une indéniable supériorité militaire et matérielle. Elle constitue dès l'origine, avec la langue, le plus sûr indice d'appartenance au monde celtique. L'expansion de cette technologie est très importante, de l'Europe centrale jusqu'à la Mer noire, en passant par l'Ukraine.

Un autre facteur important semble être leur mobilité. Les Celtes ont d'abord et durant très longtemps une réputation de mercenaires : l'on connaît des troupes de guerriers isolés, mais également celles accompagnés d'une population entière, accomplissant ce que les Romains nomment ver sacrum, c'est-à-dire une migration sacrée. Cette réputation va perdurer. Très réputés même après la défaite d'Alésia, les Celtes serviront dans les armées romaines comme auxiliaires : les cavaliers gaulois.

Parmi l'armement celtique, l'épée longue celtique sera copiée par les Germains qui en feront plus tard l'instrument de leurs victoires sur les Romains. La cotte de mailles, enfin, est une invention celtique qui sera reprise dans tout le monde antique avant de connaître le succès que l'on sait au Moyen Âge. À côté de cela, les Celtes utilisent la fronde et la lance. L'arc ne se répand qu'au moment de la résistance contre Rome.

Les défaites des IIe-Ier siècles

Aux IIe-Ier siècles avant notre ère, les Celtes sont pressés sur le continent à l'Est par les Germains et au sud par les Romains.

À la suite d'un appel à l'aide de Marseille, menacée par les peuplades celtiques voisines, Rome annexe la Narbonnaise vers la fin du IIe siècle.

Les invasions de bandes armées et la pression démographique des Germains entraînent des migrations de peuples celtiques vers l'ouest, comme celle des Helvètes sous le roi Orgétorix, et suscite des tensions avec les peuples gaulois. C'est ce dernier facteur qui provoque la guerre des Gaules et marque la fin de l'indépendance celtique sur le continent à partir de -58. L'intervention de César aurait alors été motivée, écrit-il, par le désir de renvoyer les Helvètes chez eux afin de ne pas laisser des peuples germaniques d'outre-Rhin occuper le plateau suisse.

En -52, après la défaite gauloise d'Alésia, la Gaule est entièrement occupée. Les derniers opposants sont vaincus en -51 à Uxellodunum. Au Ier siècle de notre ère, l'île de Bretagne est conquise à son tour : dès lors, la civilisation celtique ne survit plus qu'en Irlande.

Chronologie des Celtes

  • vers -750 / -700 : DĂ©but du premier âge du fer en Gaule
  • vers -600 : Fondation de Marseille par des colons Grecs de PhocĂ©e
  • vers -600 / -550 : 1eres inscriptions en langue celte Ă  Sesto Calende (Italie du Nord)
  • vers -500 / -450 : DĂ©but de l'expansion Celte en Gaule et Italie du Nord. Migrations en Grande Bretagne
  • vers -475 / -450 : DĂ©but du deuxième âge du fer en Gaule
  • vers -400 : Invasion gauloise en Italie
  • -396 / -390 : 2eme vague d'invasions Celtes dans la plaine du PĂ´, prise de Melpum (Milan), les Gaulois et les Romains s'affrontent Ă  Clusium
  • -387 : Mise Ă  sac et prise de Rome, installation de Celtes transalpins en Italie
  • -379 / -368 : Denys de Syracuse, s'allie Ă  des mercenaires Celtes pour combattre les BoĂ©tiens en Grèce
  • vers -365 / -349 : Installation de Celtes dans la vallĂ©e du Tibre, en Campanie et en Apulie
  • -354 / -350 : Rome s'allie avec les Samnites contre les Gaulois qui s'emparent de Bologne. Les BoĂŻens s'installent en BohĂŞme. Les Celtes traversent le Danube
  • -336 / -323 : règne d'Alexandre le Grand. Il rencontre une ambassade celtique sur le Danube
  • vers -335 : Apparition des premières monnaies gauloises. Paix entre Romains et Senons
  • vers -310 : Invasions Celtes en Illyrie
  • -307 : PrĂ©sence de mercenaires Celtes en Afrique
  • -300 / -295 : ConquĂŞte de la Gaule mĂ©ridionale par les Celtes. Perçée en Bulgarie et en Thrace. DĂ©faite gauloise face aux Romains Ă  Sentinum (-295)
  • -285 : DĂ©faite romaine Ă  Arretium (Arezzo).Puis victoire dĂ©cisive sur les SĂ©nons
  • -283 : DĂ©faite des Gaulois cisalpins (d'Italie) contre les Romains
  • -280 / -278 : Invasions celtiques en Grèce et en Asie Mineure : les Celtes occupent la MacĂ©doine, Brennus met Ă  sac le sanctuaire de Delphes, invasion des Galates en Thrace, en MacĂ©doine et en Asie Mineure, Antiochos I de Syrie leur accorde un territoire (-275)
  • -265 : Rome domine l'Italie
  • vers -250 : Les Belges entrent dans le Nord de la Gaule. Invasions Celtes en Cisalpine et dans la plaine du PĂ´
  • vers -241 : Attale I de Pergame dĂ©fait les Galates
  • -225 / -222 : Victoire romaine sur les Transalpins et Cisalpins en Italie du Nord. Et sur les BoĂŻens, et leurs auxiliaires Germains, Ă  Clastidium
  • -221 : Victoire d'Hannibal sur les Celtibères
  • -218 / -216 : Les Celtes de Thrace passent en Asie Mineure sur l'invitation d'Attale I. Hannibal traverse les Alpes accompagnĂ© par des Celtes
  • -205 : Les Romains achèvent de conquĂ©rir la pĂ©ninsule IbĂ©rique
  • -202 : Hannibal est dĂ©finitivement vaincu
  • vers -200 : Soumission des Gaulois d'Italie Ă  Rome
  • -197 / -196 : Soumission des CĂ©nomans et des Insubres (celtes cisalpins). DĂ©faite et soumission des BoĂŻens dont une partie repassent les Alpes. DĂ©faite Celtes en Italie du Nord (-194 / -190)
  • -181 /-174 : Premières rĂ©voltes Celtibères
  • -171 / -166 : Les Romains entrent en Illyrie. RĂ©pression du soulèvement Galate
  • vers -165 : soumission des Celtes d'Asie Mineure Ă  Rome (les Galates)
  • vers -154 : 2eme rĂ©volte Celtibère avec les Lusitani. 1ere expĂ©dition romaine contre les Salyens de Provence
  • -146 : destruction de Carthage par les Romains et conquĂŞte de la Grèce
  • -144 : 3eme rĂ©volte Celtibère
  • -125 / -121 : 2eme expĂ©dition romaine contre les Salyens, conquĂŞte de la Narbonnaise par Rome et crĂ©ation de la Provincia. Les Romains pĂ©nètrent en Cisalpine, dĂ©faite des Allobroges et Arvernes, dĂ©clin de l'hĂ©gĂ©monie arverne et fin de sa royautĂ©. Fondation d'Aix en Provence (-121)
  • -120 / -101 : ConquĂŞte et reddition de la Gaule du Sud : crĂ©ation de la Narbonnaise. Incursion des Cimbres et Teutons se terminant par leur dĂ©faite
  • -118 : Fondation de Narbonne
  • vers -107 : Victoire des Tigurins et des Volques Tectosages sur les Romains Ă  Agen, puis dĂ©faite des Volques
  • -102 : Marius bat les Teutons Ă  Aix-en-Provence
  • -80 : Celtill, père de VercingĂ©torix Ă©choue Ă  restaurer la royautĂ© arverne
  • -76 : RĂ©pression des Volques
  • -75 : le denier romain est imitĂ© en Gaule
  • -62 / -61 : Soulèvement des Allobroges, appel Ă  Rome des Eduens
  • -58 / -51 : ConquĂŞte de la Gaule par Jules CĂ©sar. Incursion des Helvètes, CĂ©sar les dĂ©fait près de Bibracte (-58). Campagnes face aux belges (-57). Victoire navale sur les VĂ©nètes qui se soumettent (-56). ExpĂ©dition de CĂ©sar de l'autre cĂ´tĂ© du Rhin et 1ère expĂ©dition dans l'Ă®le de Bretagne (-55). 2ème expĂ©ditions en Bretagne (-54) et chez les Germains (-53)
  • -53 / -52 : RĂ©volte d'une partie de la Gaule sous les ordres de VercingĂ©torix, qui obtient la victoire Ă  Gergovie, mais dĂ©fait avec la bataille d'AlĂ©sia, soumission des Arvernes et des Eduens
  • -51 : bataille d'Uxellodunum ; les derniers rĂ©voltĂ©s d'AlĂ©sia sont soumis, la Gaule est pacifiĂ©e
  • vers -50 : Victoire des Daces sur les BoĂŻens de Pannomie
  • -44 : assassinat de Jules CĂ©sar
  • -43 : Fondation de Lugdunum (Lyon) Capitale des Gaules, la Gaule cisalpine est rattachĂ©e Ă  Rome
  • -35 : Octavien repousse la frontière romaine jusqu'au Danube
  • -27 / -25 : Les tribus alpines sont soumises. La Galatie devient Province Romaine
  • -17 : abandon de Bibracte, l'oppidum des Éduens, au profit d'Autun dans la plaine.
  • vers -27 / 14 : mise en place de l'administration romaine en Gaule sous le principat d'Auguste
  • -14 / -6 : Les Romains prennent la Pannomie. Les Germains occupent la BohĂŞme et la Moravie
  • 14 : Règne de Tibère
  • 43 : ExpĂ©dition de Claude dans l'Ă®le de Bretagne, rĂ©sistance de Caratacus
  • 61 : RĂ©voltes dans en Bretagne suite au massacre des druides rĂ©fugiĂ©s sur l'Ă®le de Mona (Anglesey)
  • 68 / 70 : RĂ©voltes en Gaule qui reste sous le contrĂ´le de Rome
  • 78 / 86 : Campagne d'Agricola dans l'Ă®le de Bretagne
  • vers 88 : DĂ©buts de l'Ă©tablissement du limes
  • 221 : GĂ©nĂ©ralisation de la citoyennetĂ© romaine

Civilisation

Mobilité et Organisation politique

Si la mobilité des Celtes au second âge du fer est attestée par l'archéologie et par de nombreux témoignages historiques, en particulier entre le V et le II siècle avant notre ère, il est plus difficile d'aborder la question de leur organisation politique.

Sur celle-ci, en effet, nous ne disposons que de sources archéologiques pour le premier âge du fer.

Durant cette période, le commerce avec la Méditerranée conduit à la constitution d'un véritable réseau de « principautés » s'étalant en arc de cercle depuis l'est de la Gaule jusqu'en Bohème (République tchèque) et dominant chacune un territoire de 30 à 40 kilomètres de rayon (P. BRUN) : les sites de Vix, de la Heuneburg, et de Hohenasperg font situer le cœur de ce phénomène de concentration du pouvoir de la Bourgogne au Wurtemberg, du IX au V siècle. Ce phénomène est caractéristique des échanges commerciaux avec la Méditerranée (axe nord-sud) et subit un glissement de l'est des Alpes vers la plaine rhodanienne.

Les intermédiaires barbares dans le commerce avec la Méditerranée se multiplient et les principautés de la Celtique déclinent rapidement au V siècle. À ce moment, la metallurgie du fer se répand en Grande-Bretagne : celle-ci était restée jusque là en périphérie de ce système d'échanges européens dont le contrôle était assuré par quelques « princes ».

Pour le second âge du fer, il faut distinguer deux grandes périodes :

  • la pĂ©riode d'expansion de l'aire celtique, du V au II siècle correspond Ă  une pĂ©riode de migrations et d'invasions par des populations celtiques originaires du nord-est de la France et de l'Allemagne : ces migrations conduisent les Celtes dans le nord de l'Italie, vers l'est jusqu'en Ukraine et mĂŞme, Ă  travers l'Ă©popĂ©e des Galates, jusqu'en Asie mineure. Il faut alors aborder chaque ensemble ethno-culturel du monde celte pour en cerner l'organisation. Pour cette pĂ©riode, nos connaissances concernent surtout l'art de la guerre des Celtes et certains traits (lĂ©gendaires ou non) de leur mobilitĂ© : la pratique des migrations sacrĂ©es, sous la conduite d'un chef de guerre (brenn), le fait qu'ils brĂ»lent leur ville d'origine (attestĂ© par la suite pour les Helvètes). L'Ă©tymologie nous livre Ă©galement un aperçu de cette mobilitĂ© des peuples. Voici certains noms de peuples connus en des rĂ©gions d'Europe fort diffĂ©rentes au Ier siècle, qui dĂ©montrent la mobilitĂ© des Celtes aux Ve-IIe siècles :
    • des VĂ©nètes sont connus en plusieurs rĂ©gions d'Europe (ils sont finalement battus en -56 par les galères de CĂ©sar dans le golfe du Morbihan).
    • des Volques avaient probablement servi de mercenaires sur le Danube Ă  l'Ă©poque d'Alexandre le Grand, avant de s'Ă©tablir dans la rĂ©gion de Toulouse. Il en va Ă©galement des Rèmes (qui ont donnĂ© leur nom Ă  Reims).
    • des SĂ©nons (Sens ?) et les BoĂŻens (de BohĂŞme ?) sont allĂ©s jusqu'en Italie, oĂą leur chef, connu sous le nom (le titre ?) de Brennos ou Brennus (brenn signifie « chef » en celtique) a assiĂ©gĂ© et rançonnĂ© Rome en -390. Le cĂ©lèbre Vae Victis - Malheur aux vaincus ! - lui est attribuĂ©. Ces peuples sont Ă©tablis au IIIe siècle dans la plaine de PĂ´ et seront parmi les premiers Gaulois romanisĂ©s, durant la conquĂŞte de l'Italie.

  • la pĂ©riode de repli des II – I siècles, connue principalement Ă  travers l'Ĺ“uvre Ă  caractère politique de Jules CĂ©sar, permet de distinguer les « peuples gaulois » des peuples belges ou germano-celtiques. Ces derniers prĂ©sentent un Ă©tat d'organisation politique plus archaĂŻque (au sens oĂą domine la permanence des traits culturels antĂ©rieurs). Ă€ ce moment, les Gaulois ont dĂ©veloppĂ© des systèmes politiques fĂ©dĂ©ratifs qui tendent Ă  se rapprocher, tout en conservant une grande originalitĂ©, d'une concentration du pouvoir dans quelques « citĂ©s », comme celles, rivales, des Arvernes et des Éduens. L'existence de frontières clairement Ă©tablies entre les peuples, en Gaule, fait cependant encore dĂ©bat.

En résumé, qu'on compare entre elles les données archéologiques inhérentes à l'« espace » gaulois, en particulier les aires de diffusion des monnaies, ou encore qu'on prenne pour exemple les relations entre la Gaule Belgique et l'île de Bretagne (voir notamment I. M. Stead, Les peuples belges de la Tamise, in Les Celtes, ouvrage collectif cité en bibliographie), il apparaît qu'à large échelle un réseau complexe de relations commerciales, mais aussi à échelle plus réduite, des réseaux de clientèles et de confédérations de peuples liait entre eux les Celtes.

Ceux-ci, pour autant, ne connurent jamais d'unité politique dépassant le cadre, incertain, de la « cité » mentionnée par César. La tribu, le peuple – ou la (con)fédération de peuples – devaient donc constituer le lieu privilégié de l'identité des anciens Celtes.

Néanmoins, au-delà de ces limites identitaires, certaines alliances fondées sur le principe du clientélisme pouvaient unir des peuples établis à près de cinq-cent kilomètres les uns des autres (ainsi, le roi des Saliens se réfugiant chez les Arvernes, ou encore la coallition des Voconces et des Allobroges contre Rome). De telles alliances existaient probablement à l'origine en temps de guerre, mais purent trouver naturellement leur prolongement en temps de paix pour des raisons économiques. C'est peut-être l'héritage lointain de telles alliances qui aboutit, à la veille de la conquête romaine de la Gaule, à un système plus centralisé que les simples fédérations de peuples, système qui se rapprochait un peu plus de la définition de la cité antique « classique » : à la fois un ensemble de citoyens, un ensemble de lois et le territoire sur lequel s'exercent ces lois.

Enfin, les sources, des événements historiques dont témoignent les auteurs contemporains des anciens Celtes (comme la migration avortée des Helvètes vers l'espace gaulois, en -58), montrent combien la mobilité des Celtes fut grande dans l'espace européen tout au long de leur histoire, ce qui avait pu leur conférer une sorte d'unité aux yeux des Grecs et des Romains, à défaut de dessiner des organisations politiques plus vastes entre eux.

Listes des peuples

De nombreuses fédérations de peuples, peuples et tribus celtiques sont connus grâce à des sources romaines, éventuellement tardives (impériales) et par l'étymologie, au moins par leur nom. La majorité sont des peuples gaulois.

Voir Liste exhaustive des peuples celtes - Liste des peuples gaulois en France - Liste des peuples celtes de Belgique - Liste des peuples celtes d'Espagne - Liste des peuples celtes d'Italie - Liste des peuples celtes de Suisse - Liste des peuples celtes d'île de Bretagne

Art et culture

Cette partie est une ébauche.

Mœurs

Sur les mœurs, bien que ce fait soit surtout mis en valeur par les historiens anglo-saxons, les sagas du Moyen Âge irlandais, postérieures de plusieurs siècles, nous renseignent sur des traits de civilisation qui présentent une relative similitude avec ceux que décrivaient les Grecs anciens : les Celtes sont festifs, prompts à s'emporter, bagarreurs et superstitieux.

Ainsi, selon Appien (VII.), les Celtes sont intempérants et cela les rend obèses. Pour Strabon (IV. IV, 2.), les Gaulois sont irrascibles, prompts à la bataille et querelleurs (IV, 6.)., etc. Ces traits de caractère, bien évidemment, relèvent en majorité de la vision qu'avaient les Latins des Celtes.

Écriture

Pour ce qu'on en sait, les proto-Celtes ignoraient, à l'origine, l'écriture. Ils la découvrirent probablement sous l'influence des Étrusques, en Italie du nord-ouest, où des inscriptions en langue celtique utilisent l'alphabet de Lugano : ces « inscriptions lépontiques » proviennent notamment de la culture de Golasecca, celticisée peut-être à la fin du VII siècle ou vers -600 au plus tard (R. C. De Marinis, « Les Celtes de Golasecca » in Les Celtes, catalogue de l'exposition de Venise cité en bibliographie).

En Gaule méridionale, les « Gaulois du Midi » nous ont quant à eux livré plusieurs inscriptions utilisant l'alphabet grec. Ils ont pu acquérir la connaissance de cette écriture au contact de la cité phocéenne de Marseille, dans le sud-est de la France, dès le VI siècle avant notre ère.

, Gard|left]] Les inscriptions gallo-grecques (écriture avec l'alphabet grec de textes en langue gauloise) sont les plus importantes sources écrites par des Celtes qui nous sont parvenues pour la période antérieure à la conquête romaine de la Narbonnaise : elles couvrent des tessons (marques de propriété), des autels (dédicaces) et l'une d'entre elles est même datée de -500 / -450 (Italie du nord).

Dans l'aire gauloise historique laténienne, l'usage de l'écriture aurait été limité par les druides pour des raisons culturelles et de tabou religieux (Jules César).

Un dernier ensemble important de sources épigraphiques en langue gauloise est daté, enfin, de la période romaine, plus précisément de la période immédiatement postérieure à la conquête de la Gaule : il emploie l'alphabet latin que nous connaissons (voir le calendrier de Coligny).

Art

Les Celtes n'ayant laissé que très peu de traces écrites de leur civilisation, celle-ci nous est avant tout connue grâce leur art, largement découvert durant la dernière moitié du XX siècle.

L'art des Celtes présente une grande diversité selon les époques et les régions considérées. Il n'est pas, de plus, exempt d'influences extérieures.

Toutefois, si l'on excepte le cas des Gaulois du midi à la veille de la conquête romaine, il semble que la statuaire n'ait pas été leur domaine de prédilection.

Une autre constante est la domination de motifs anthropomorphes ou issus de la nature, tels que les entrelacs, qui tendent à l'abstraction. Cette tendance atteint son apogée à travers les enluminures des manuscrits celtiques d'Irlande et d'Écosse, tels que le célèbre livre de Kells (voir aussi le monastère de Iona).

La représentation des divinités semble avoir existé, même si les témoignages en sont rares ou difficiles à identifier (L'une des sources les plus connues est le chaudron de Gundestrupp).


Casque celte d'apparat en fer, bronze, or, argent et corail.
IVe siècle av. J.-C. Découvert à Agris, en Charente

Dans le domaine de l'orfèvrerie, les Celtes utilisent le bronze, la feuille d'or, le corail et l'argent. Parmi les plus belles pièces conservées, figurent notamment nombre de casques d'apparat, datés des IVe-IIIe siècles avant notre ère. Le casque d'Agris, en Charente est l'un d'entre eux.

Religion

Si les Celtes connaissaient l’écriture et l’ont parfois utilisée, ils ont privilégié l’oralité pour la transmission du Savoir, quelqu’en soit le domaine, de sorte qu’il faut étudier le domaine celtique à partir de sources externes ou tardives.

De plus, en se fondant sur une lecture erronée d'un passage de Pline, on a longtemps considéré que les Celtes, au contraire d'autres peuples anciens, ne construisaient pas de temples pour la célébration du culte, mais qu'ils utilisaient exclusivement des aires sacrées en pleine nature, comme les clairières (nemeton en langue gauloise, nemed en gaélique).

Des découvertes d'enclos présentant une fonction sacrée et cultuelle évidente, comme à Gournay-sur-Aronde (site étudié par J.-L. Brunaux), démontrent que cette conception de la religion celtique est pour une large part fantaisiste et qu'elle reposait surtout sur l'absence de témoignages archéologiques. Si des clairières ou des sources ont fait l'objet d'un culte, si des ensembles mégalithiques, tels Carnac ou Stonehenge ont pu être réutilisés par les druides à cet effet, il paraît aujourd'hui certain que les Celtes disposaient non seulement d'un clergé hiérarchisé, mais aussi de sanctuaires qui ont pu jouer le rôle de véritables temples.

Sources

Les principales sources sur la religion des anciens Celtes sont tout d'abord les textes de leurs contemporains grecs et latins, notamment Diodore de Sicile (Histoires), Strabon (Géographie), Pomponius Mela (De Chorographia), Lucain (La Pharsale), Pline l'Ancien (Histoire naturelle), et surtout Jules César avec La Guerre des Gaules. Ensuite, il existe tout un ensemble de textes irlandais, écrits du VIIIe au XVe siècle, qui retranscrivent les mythes et épopées de l'Irlande transmis oralement de générations en générations, et qui constituent la Mythologie celtique.

Ces textes, rédigés dans un contexte chrétien, complètent ceux des Anciens ; on retiendra : le Cath Maighe Tuireadh (Bataille de Mag Tured), le Tochmarc Etaine (Courtise d’Etain), le Tain Bo Cualnge (Razzia des Vaches de Cooley), le Lebor Gabala (Livre des Conquêtes) et les Mabinogion gallois.

D'une manière générale, l'absence relative de témoignages de première main dont nous disposons sur la religion des anciens Celtes a donné lieu à un ensemble d'interprétations plus ou moins fantasques. En réalité, la connaissance que nous en avons s'appuie sur cet ensemble de sources extérieures, dont le propos peut être limité à des considérations politiques (César), ou encore de présenter des « barbares », au sens moderne du terme (Lucain). Enfin, il faut mettre en relation ce que nous savons des anciens Celtes et les sources irlandaises tardives avec la plus grande circonspection : ces dernières, en effet, présentent comme toute mythologie des influences non-celtes : indigènes, qui seraient plus anciennes et propre au contexte géographique, chrétiennes, … Et encore, ces sources témoignent d'une réalité éloignée de cinq à dix siècles par rapport à celle des Celtes contemporains de la conquête romaine.

Obéissant fondamentalement au schéma général de la tripartition des sociétés indo-européennes, la société celtique paraît avoir été structurée en trois classes : la classe sacerdotale qui possède le Savoir, gère le Religieux et fait la Loi, la classe guerrière qui gère les affaires militaires sous le commandement du roi et la classe des producteurs (artisans, agriculteurs, éleveurs, etc.) qui doit subvenir aux besoins de l’ensemble de la société et en priorité ceux des deux autres classes (César parle des druides, des equites (chevaliers) et de la plèbe).

Druidisme

Article détaillé : Druidisme

À l'époque précédant la conquête romaine de la Gaule, et, semble-t-il, par la suite dans les îles, la caractéristique majeure de la pratique religieuse des anciens Celtes est le druidisme. Le mot druide qui est spécifiquement celtique provient de « dru-wid-es » qui signifie « très savants ».

L'existence du clergé druidique est attestée chez plusieurs auteurs antiques, pour différentes époques et en différents lieux du monde celtique. Ainsi, dans la tradition irlandaise, le druidisme apparaît comme une création des Partholoniens, arrivés en Irlande 312 ans après le déluge (selon le Lebor Gabala). Ou encore, en Gaule, les druides paraissent avoir joué un rôle clef dans l'insurrection de -52 et, par la suite, dans les révoltes gauloises du premier siècle : celle des equites, menée par l'Éduen Julius Sacrovir en 21 après J.-C et rapportée par Tacite dans ses Histoires, aurait conduit au déclenchement des hostilités de Rome à l'égard des druides gaulois.

Le « clergé » druidique avait en charge la célébration des cérémonies sacrées et des rites cultuels : lui seul avait le droit de pratiquer les sacrifices, parfois humains mais plus généralement d'animaux ou symboliques (comme l'attestent les ex-votos en bois inventés aux sources de la Seine). C'est d'ailleurs la pratique des sacrifices humains qui servit de prétexte à l'interdiction des druides sous l'Empereur Tibère (ou Claude pour certains historiens).

Les autres prérogatives des druides comprennaient logiquement l’enseignement, la diplomatie, l’histoire, la généalogie, la toponymie, la magie, la médecine et la divination. Le druide, grâce à son savoir (dont l'acquisition pouvait nécessiter vingt ans d’études, selon César) et grâce à sa maîtrise des pratiques magiques, était un intermédiaire entre les dieux et les hommes.

Le druide avait aussi un rôle de conseiller politique auprès du roi avec lequel il a pu former un binôme dans lequel le roi exerçait la souveraineté sous l’inspiration du druide. Le druide Diviciacos, contemporain de Cicéron et directement à l'origine de la conquête romaine de la Gaule, apparaît notamment comme le chef politique des Éduens.

À plusieurs égards, le druide paraît avoir été le personnage prédominant de la société celtique, à la fois ministre du culte, philosophe, gardien du Savoir et de la Sagesse, historien, juriste et aussi conseiller militaire du roi et de la classe guerrière. Il est également possible que toute la vie des Celtes ait été sous le contrôle des druides à certaines périodes.

Aussi, on peut penser que les druides ont joué un rôle fondateur pour l'ensemble de la civilisation celtique et pour le règlement de l’ensemble de la société celte.

Sans entrer dans les spécifications de la classe sacerdotale, trois types de « professions » à caractère religieux sont connues dans le monde celte :

  • le druide qui dĂ©signe tout membre de la classe sacerdotale, dont les domaines d’attribution sont la religion, le sacrifice, la justice, l’enseignement, la poĂ©sie, la divination, etc ;
  • le barde est spĂ©cialisĂ© dans la poĂ©sie orale et chantĂ©e, son rĂ´le est de faire la louange, la satire ou le blâme ;
  • le vate est un devin, il s’occupe plus particulièrement du culte, de la divination et de la mĂ©decine. Les femmes participent Ă  cette fonction de prophĂ©tie.

En Gaule, l'existence d'une hiérarchie druidique est également presque certaine si l'on se réfère aux témoignages latins qui portent sur l'existence d'une assemblée annuelle des druides (sur le territoire des Carnutes, près de Chartres) et sur l'existence d'un Gutuater, sorte de chef des druides, qui aurait participé activement à la politique des Gaules. Le druidisme aurait ainsi pu servir de trait d'union entre les peuples celtes.

Calendrier religieux

L’année celtique était rythmée par quatre grandes fêtes religieuses au caractère obligatoire, dont deux majeures : Samain au 1er novembre et Beltaine au 1er mai, et deux de moindre importance : Imbolc le 1er février et Lugnasad le 1er août.

La source majeure qui nous renseigne sur le calendrier celtique est le calendrier de Coligny, de l'époque gallo-romaine.

Divinités et croyances

Article détaillé : Mythologie celtique

Un des points les plus délicats à aborder, en l'absence de sources de première main, est la spiritualité des anciens Celtes.

Ceux-ci devaient disposer d'un panthéon au moins aussi développé que celui des Grecs et des Romains (près de quatre-cent figures de divinités celtiques sont recensées), mais rien n'indique que ce panthéon ait été homogène sur l'ensemble du domaine celtique, ni qu'il ait possédé une structure unique.

Les auteurs latins et grecs citent quelques divinités gauloises, sans énoncer les motifs qui dictent leur sélection : Epona, Taranis, Esus et Lug sont ainsi connus.

La toponymie nous livre encore quelques indices sur les croyances des anciens Celtes. Ainsi, on pense que Lug était révéré dans des lieux d'altitude. Le toponyme Lugdunum (forteresse ou montagne de Lug) est directement à l'origine du nom de la ville de Lyon.

La place des divinités celtes dans l'art pose problème. On a longtemps considéré comme témoignage archéologique majeur sur les dieux des Celtes le chaudron de Gundestrup, inventé dans une tourbière au Danemark. Mais celui-ci, qui représente un certain nombre de divinités et évoque plusieurs mythes communs à la plupart des peuples anciens en Europe, n'est pas exempt d'influences extérieures. En tous cas, il représente un dieu cornu qui peut être associé au dieu celte à tête de cerf, Cernunnos et une divinité à la roue solaire en laquelle on peut voir une représentation de Taranis.

En statuaire, on a plusieurs fois vu représentées des figures de divinités bicéphales ou tricéphales, qui ont été associées à un Hermès. Il est en tout cas probable que le rythme ternaire ait possédé une dimension religieuse pour les anciens Celtes. Des statues de « guerriers assis », inventées dans le midi de la Gaule (Entremont, Roquepertuse), font objet de débat : il est difficile de savoir si celles-ci représentaient des dieux, des guerriers divinisés ou des héros tutélaires.

Le même problème d'interprétation se pose pour certains bustes de la « Gaule chevelue » dont la forme fait penser au haut d'un mât totémique, telle celle en laiton inventée à Bouray-sur-Juine, dans l'Essonne, qui représente un personnage avec torque et pattes de cervidé stylisées, ou encore celle conservée au musée de Saint Germain-en-Laye, en calcaire représentant un personnage avec torque et sanglier.

De même, le sens exact de certains noms associés à des divinités est plus difficile à cerner : Teutatès (qui a inspiré le célèbre Toutatis d'Astérix) pourrait ne pas désigner un dieu particulier, mais le dieu tutélaire, protecteur d'un peuple, chaque peuple celte ayant possédé ses propres divinités, certaines remontant à la préhistoire pré-celtique.

L’immortalité de l’âme était une des croyances des anciens Celtes, ce qui explique peut-être les témoignages sur leur vaillance et leur intrépidité au combat, puisque la peur de la mort était absente. En revanche, la notion de la réincarnation doit être écartée de leur religion, cette suggestion étant due à des lectures erronées.

Les Celtes croyaient également en un au-delà. Dans la tradition irlandaise transmise à l'époque chrétienne, le Sidh désigne l'Autre Monde celtique, il se situe à l’ouest, au-delà de l’horizon de la mer, dans des îles magnifiques ; sous la mer, dans les lacs et les rivières où se situent de somptueux palais de cristal aux entrées mystérieuses ; sous les collines et les tertres. C’est le séjour des Tuatha De Danann.

Dans le domaine des rites, les sacrifices humains, le culte des têtes coupées, ou encore l'utilisation abondante du sang dans les lieux de culte sont les traits qui ont frappé l'imaginaire des auteurs antiques. L'un d'entre eux, Pausanias, accuse même les Celtes d'anthropophagie. César, très sensible au sujet, écrit quant à lui :

Ils [les Celtes] se servent pour ces sacrifices humains du ministère des druides ; ils pensent, en effet, que c'est seulement en rachetant la vie d'un homme par la vie d'un autre homme que la puissance des dieux immortels peut être apaisée. Ils possèdent des sacrifices de ce genre qui sont une institution publique. Certains ont des mannequins de très grande taille, dont ils remplissent d'hommes vivants la carapace tressée d'osiers, on y met le feu, et les hommes périssent enveloppés par la flamme.

Dans les faits, divers témoignages archéologiques corroborent l'existence de pratiques violentes, sans que l'étendue exacte de celles-ci soit connues : culte des têtes à Entremont (Bouches-du-Rhône), reminiscent dans le décors des tympans d'églises de l'Irlande médiévale, rites sanguinaires à Ribemont-sur-Ancre, …

Héritage

Les invasions successives et la création d'États volontiers autarciques ont entraîné le déclin de la civilisation celte et une séparation durable de ses composantes. Malgré tout, l'Europe conserve un très fort héritage celtique dans la toponymie (cf. les différentes recherches de François Falc'hun sur le sujet), permettant aux historiens et aux géographes de recréer le paysage historique de l'Europe il y a de cela plusieurs millénaires. Les Celtes nous ont également transmis un patrimoine linguistique, avec une domination – encore actuelle – de la langue orale sur la langue écrite, et une richesse dans les arts décoratifs, avec un style de motifs unique en Europe (cf. le Livre de Kells). Il est fréquent d'entendre parler de « musique celtique », même si le manque de sources rend difficile à identifier ce qui provient du fonds celtique initial.

Depuis le XIX siècle, un mouvement culturel s'est mis en marche pour retrouver ou recréer une dynamique interceltique, essentiellement par des échanges linguistiques, sportifs et artistiques (notamment la cornemuse qui se décline selon les régions). Parmi les événements remarquables qui concrétisent cette volonté, on peut citer :

À l'origine centré sur les Îles Britaniques et la Bretagne armoricaine, le mouvement s'élargit actuellement à de nouvelles régions d'Europe qui revendiquent leurs racines celtes et les mettent en avant. Ainsi depuis les années 90, les Asturies et la Galice, régions d'Espagne, se rendent régulièrement aux manifestations interceltiques, en vertu de l'origine celtique de leur population.

Pour résumer :

  • En France, dans la moitiĂ© ouest de la Bretagne, le breton, bien qu'en dĂ©clin, se transmet encore de parents Ă  enfants ; il est aussi enseignĂ© dans les Ă©coles Diwan et Div Yezh ; la cornemuse bretonne est le biniou.
  • En Grande-Bretagne :
  • En Irlande, le gaĂ©lique irlandais (Irish), est une des deux langues officielles avec l'anglais, et est encore la langue maternelle de certaines rĂ©gions comme le Connemara et les Ă®les d'Aran ; l'irlandais a constituĂ© une marque de rĂ©sistance contre l'occupation anglaise. La cornemuse irlandaise porte le nom de uillean pipe.
  • La Galice a fait connaĂ®tre la cornemuse galicienne appelĂ©e gaita (voir par exemple Carlos Nuñez).

Le phénomène identitaire touche aussi les communautés d'origine celtique émigrées dans des pays Outre-Atlantique, comme les États-Unis, le Canada et même l'Amérique Latine, où le nombre et la notoriété des artistes s'inspirant de la musique « celtique » (en fait, irlandaise ou écossaise) ne cesse de croître, à l'image de la célèbre canadienne Loreena McKennitt.

Voir aussi

Bibliographie et liens

Note : le classement thématique ne donne que l'orientation générale des ouvrages listés, la majorité d'entre eux abordant différents thèmes. À compléter

Histoire (généralités)

  • Princes et princesses de la celtique, Patrice BRUN, ERRANCE, 1987 (sur le premier âge du fer)
  • L'univers des Celtes, Barry CUNLIFFE, Ă©d. IINTER-LIVRES, 1996
  • Les Celtes, Histoire et dictionnaire de Venceslas KRUTA, Ă©d. ROBERT LAFFONT]]
  • La ville celtique, les oppida de 150 avant J.-C. Ă  15 après J.-C., Stephan FICHTL, Ă©d. ERRANCE, 2000

Gaule

  • CĂ©sar et la Gaule, Christian GOUDINEAU, Ă©d. ERRANCE, collection De la Gaule Ă  la France : histoire et archĂ©ologie, 2000
  • Regard sur la Gaule, Christian GOUDINEAU, Ă©d. ERRANCE, 2000

ĂŽles britanniques

  • Les Royaumes celtiques de Miles DILLON, Nora K. CHADWICK, Françoise LE ROUX & Christian-Joseph GUYONVARC'H, Ă©d. Armeline

Europe centrale et orientale

  • Les Celtes de BohĂŞme de Petr DRDA et Alena RYBOVA, Ă©d. ERRANCE

Art

  • Les Celtes, collectif, catalogue de l'exposition europĂ©enne d'archĂ©ologie celtique, Venise, 1991 (Ă©d. BOMPIANI)
  • Les Celtes, de Paul-Marie DUVAL, collection L'Univers des Formes, Ă©d. GALLIMARD

Société

Religion



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