article sur le Canon (religion), Explication sur le Canon (religion)

Canon (religion) Article, Signification, Explication

Le mot canon, qui vient du grec κανών (kanôn) signifiant « règle, modèle », lui même emprunté à l'hébreu qaneh (« roseau, mesure, canne »). Il désigne dans toutes les religions :

  • l'ensemble des textes considérées comme sacrés et, d'une façon générale, tout ce qui a trait au culte y compris l'art sacré
  • le droit régissant son clergé et ses fidèles.

Toutes les religions envisagent très sérieusement la transmission de leur enseignement ; d'une façon générale, le système de « maître à disciple » a la préférence. Quand les maîtres deviennent nombreux, un système d'autorisation ou d'accréditation se met en place afin de garantir la qualité de l'enseignement et la fidélité à une tradition qui prend de l'importance avec le temps, mais qui chaque fois, est créditée de remonter aux origines.

Table of contents
1 Personnes
2 Textes
3 Conclusion provisoire
4 Articles connexes
5 Lire aussi

Personnes

Bouddhisme

Clercs

Ainsi, dans le
bouddhisme japonais Sôtô-shu, l'ordination n'est pas conférée au hasard ni par n'importe qui. Elle doit avoir lieu dans un temple et être donnée par un Osho (maître) ou une Niosho (maîtresse).

Tout cela est consigné dans un registre et sera confirmé avant que l'impétrant puisse lui-même transmettre la moindre ordination. Cette description n'est pas anodine. Les disciples de Taisen Deshimaru, qui introduisit en France le bouddhisme Zen, n'ont pas été ordonnés par lui.. et pour cause il n'en avait pas reçu le pouvoir et, cependant, quelques-uns d'entre eux ordonnent tandis que d'autres, ayant repris contact avec les autorités japonaises et ordonnés dans une autre filiation, s'estiment totalement libres vis à vis de celle-ci, se réclamant de Deshimaru

Christianisme

Comme dans les autres religions, cette succession « dynastique » est grandement légendaire : en Occident, on se prétend successeur de saint Pierre quand le titre de Pape est institué par les Canons du Concile de Nicée I (325), en Orient, on se prétend successeur de saint Marc.

Dans tous les cas, des trous opportuns rendent difficiles la vérification de chaîne ininterrompue. Le cardinal Alfrink, si l'on en croit le Journal du Concile Vatican II de Yves Congar o.p., disait qu'il serait bon que personne ne demanda que la succession apostolique soit prouvée.

Voir aussi évêque

Textes

Le contrôle sur le texte vise à stabiliser:
  • le texte,
  • son interprétation
  • le rapport à la langue [1] et aux images.

Les courants les plus orthodoxes revendiquent l'impossibilité de traduire leurs textes fondamentaux, de prononcer les paroles liturgiques dans une autre langue que celle supposée en vigueur au temps des origines.

Judaïsme

Le Talmud est la Loi orale. Reçue par Moïse puis enseignée verbalement aux sages par d'une chaîne ininterrompue : Les Prophètes, les Sages, les Tanaïm, les Amoraïm, les Gueonim, les Richonim et les Aharonim qui ont su conserver ce trésor dans toute sa pureté, le développer, pour le mettre à la portée de chacun. Elle fut transmise de maître à disciple, jusqu'à Ezra Hasopher qui constitua une assemblée de 120 sages, etc. Ils sont comptés génération par génération... malgré l'anonymat des Sofrim qui permet de raccorder l'histoire avec le mythe.

Voir Talmud

Christianisme

Voir apocryphe, Canon (Bible), crise moderniste

Icônes et orthodoxie

Islam

Si le texte du Coran semble relativement homogène, la discussion canonique est forte sur les versets abrogeants et abrogés. Chacun sait que le Calife Uthman détruisit les variantes du Coran, alors nombreuses, et bannit la traduction depuis l'arabe de façon à en conserver la pureté selon sa propre version. Elle devint « canonique » et devint l'étalon pour juger/jauger la foi des musulmans et, partant, un important instrument de contrôle.

Tradition de lecture : voir Sunna et Hadith.

Les Hadiths font aussi l'objet d'une transmission contrôlée mais la liste des hadiths authentiques varie selon l'école interprétative. Par exemple, sur ce site [2] de tradition hanbalite, c'est-à-dire ultra-orthodoxe, on privilégie la transmission salfatiste et l'on donne la liste des imams autorisés à valider les hadiths. On insiste sur la « persécution » en cela que sous le calife Haroun Al Rashid (fin du VIIIe siècle), Ibn Hanbal n'eut pas le dessus sur les motazilites, des réformateurs exterminés sous un califat suivant à l'instigation des hanbalistes.

« L'une des spécificités de la communauté musulmane par laquelle elle se différencie des autres religions est la chaîne de transmission (isnad) des textes religieux venant de la tradition prophétique. »

Justement, cette chaîne dépend grandement de l'école de référence[3]. Dans l'ensemble Al Boukhari et ses disciples sont les plus reconnus des imams pour la transmission des hadiths.

En ce qui concerne l'étude historico-critique du Coran, le meilleures recherches sont faites par des non-musulmans pour la bonne raison qu'ils n'encourent pas de sanction. Toutefois, si le Dr Gerd Puin parvient à étudier les microfilms du Manuscrit de Sanaa (une version du Coran plus ancienne que le texte actuel) à Sarrebruck, un autre chercheur allemand publie sous pseudonyme le résultat de ses recherches pour assurer sa sécurité physique : Christoph Luxenberg, qui vient de publier '\'Die Syro- Aramäische Lesart des Koran. Ein Beitrag zur Entschlüsselung der Koransprache, disponible, actuellement, exclusivement en allemand (recension en anglais dans HUGOYE: JOURNAL OF SYRIAC STUDIES '' ). Enfin Youssef Seddik déclare que toutes les hadiths sont apocryphes.

L'affaire Salman Rushdie a démontré que les imams les plus fanatiques n'hésitaient pas à lancer, vis-à-vis d'un écrivain résident dans un pays occidental, une fatwah autorisant quiconque à l'éliminer physiquement pour le punir du scandale provoqué par son livre Les Versets Sataniques. On reconnaît là la même inspiration que celle à l'origine de l'attentat contre un cinéma du Quartier Latin (Paris, France) où était projeté le film de Martin Scorsese, la Dernière Tentation du Christ (qui fit 1 mort).

Conclusion provisoire

Le premier cas de l'usage de la chaîne interpétative consiste à contrer une opposition interne dont on déclare les interprétations fausses en privilégiant une chaîne interprétative sur toutes les autres.

Le deuxième cas consiste à invalider le ministre des autres.

De ce fait, on constate dans toutes les religions l'invocation d'une spécificité due à la qualité et à la cohérence de la transmission au cours d'une chaîne interprétative, quoique cette chaîne puisse dans chaque cas, être remise en cause par la critique radicale. La spécificité autoproclamée ne peut fonctionner que dans un contexte d'analphabétisme religieux concernant les autres religions ; cet analphabétisme est une valeur en hausse dans l'ensemble des religions d'autorité.


notes:
[1] la langue sacrée, le Phrisien Libéré
[2] Breve biographie des 7 imams des Hadiths
[3] Voir ce type de débat concernant la chaîne interprétative dans LeiLa Babès et Tarik Oubrou : Loi d'Allah, loi des hommes. Lelia Babes enseigne à Université Catholique de Lille sur le thème Modernite dans L'islam, Tarik Oubrou, président de l'UOIF, est l'imam de la mosquée de Bordeaux.

Articles connexes

Lire aussi

  • Frédéric Lenoir, Le Bouddhisme en France, Fayard, 1999


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