Avicenne Article, Signification, Explication
Avicenne (Abu Ali al Hosein Ibn Abdallah Ibn Sina) était un philosophe, médecin et mystique arabo-islamique.
D'origine iranienne, il naquit en 980 à Afshéna, près de Bokhara, et mourut à Hamadan en 1037.
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2 Biographie 3 Son œuvre 4 La Médecine d'Avicenne 5 Doctrine Philosophique 6 Liens externes |
La conquête de l'Égypte mit les musulmans au contact avec l'école d'Alexandrie. Au premiers siècles de l'hégire (VIIe et VIIIe siècle), l'orient est prit d'une soif de traduction, d'apprendre, de compiler les écrits des anciens, Grecs surtout, de les commenter, de les assimiler. De 750 à 850, période des califes Abbassides, la science Arabo-musulmane atteint son sommet. Le Calife payait, parfois son poids en or, tout livre récemment traduit, et c'est ainsi que les arabes eurent, dès le IXe siècle, en leur possession toute la science de la Grèce. Un esprit véritablement scientifique présidait à leurs recherches. Le philosophe al-Farabi (mort en 950), le second maître (en reférence au premier maître, Aristote), y tient une place prépondérante.
Les textes et traditions se fixèrent à cette époque :
Repères historiques
En Occident Latin, c'est le Moyen Âge, entre l'effondrement de l'empire romain (476, invasion des Hérules) et la Renaissance (1453, la chute de Constantinople). Tout au long de ce millénaire d'obscurantisme, l'immobilisme médical et scientifique à fait oublier jusqu'à l'existence de la pharmacopée et des pratiques chirurgicales des siècles précédents. Les monastères conservent des manuscrits, mais les moines ont interdiction d'étudier la médecine, s'en remettant aux seules prières pour assurer la guérison.
Avicenne (Abu 'Ali al-Husayn b 'Abd Allah Ibn Sina), de père Iranien et de mère Juive, est né au mois d’août 980 à Afshéna, près de Boukhara en Transoxiane c'est-à -dire dans les frontières de l'Ouzbékistan moderne. Cette région de l'Asie, quoique en dehors des limites actuelles de l’État iranien, est souvent désignée comme l'Iran extérieur.
Il fut précoce dans son intérêt pour les sciences naturelles et la médecine, qu'à 14 ans, il étudie seul. Il est influencé par un traité d'al-Farabi, qui lui permet de surmonter les difficultés qu'il rencontre dans l'étude de la Métaphysique d’Aristote. Cette précocité dans les études se double d'une précocité dans la carrière: à 16 ans déjà , il dirigeait des médecins célèbres. Tout alors s'enchaine: ayant guéri le prince Sassanide de Boukhara d’une grave maladie, il est autorisé à consulter la vaste bibliothèque du palais. Son appétit de connaissance aidant, il possède à 18 ans toutes les sciences connues.
Après la mort du prince et celle de son père, qui le contraignent à gagner sa vie, commence sa vie itinérante. Il voyage d'abord dans le Khârezm, principauté qui fut indépendante (de 994 à 1231) au sud de la mer d'Aral, sur les deux rives du Djihoun, entre Boukhara et la mer Caspienne. À Djouzdjan, un puissant protecteur, Abu Muhammed Chirâzi, lui permet de donner des cours publics. Il commence à composer son Canon (ou Kanun) de médecine.
Il passe ensuite par le Khorassan, actuel nord-est de l'Iran, puis Rayy (alors Rhagès, proche de l’actuel Téhéran), enfin à Hamadan (à l'ouest de l'Iran moderne) où l'émir Shamsoddawleh le choisit comme ministre (vizir). Il s'impose alors un programme de travail harassant: le jour, il se consacre à la chose publique, la nuit à la science. En plus de vivre deux carrières, il travaille doublement: il mène de front la composition du Shifa et celle du Canon médical; la tâche est alors si écrasante qu'il doit se faire aider: deux disciples se partagent la relecture des feuillets des deux ouvrages.
La mort du prince Shamsoddawleh, et le début du règne de son fils, cristallisent les ambitions et les rancœurs: victime d'intrigues politiques, Avicenne connaît la prison. Déguisé en derviche, il réussit à s'évader, et s'enfuit à Ispahan, auprès de l'émir bouyide Alaoddawleh. Ces bouleversements n'entament pas sa boulimie de travail.
Lors d'une expédition dont il faisait partie, de l'émir Alaoddawleh contre Hamadan, Avicenne est frappé par une crise intestinale grave, dont il souffrait depuis longtemps, et contractée, dit-on, à la suite d'excès de travail et de plaisir. Avicenne tenta de se soigner de lui-même, mais son remède lui fut fatal. Il mourut à l’âge, toujours précoce, de cinquante-sept ans au mois d'août 1037 (428 de l’hégire)
D'une ampleur variable selon les source (276 titres pour G. C. Anawati, 242 pour Yahya Mahdavi), l'œuvre d'Avicenne est, quoi qu'il en soit, immense, et variée dans tous ses aspects : Avicenne a écrit principalement dans la langue savante de son temps, l'arabe classique, mais parfois aussi dans sa langue vulgaire maternelle, le persan.
Il est l'auteur de monuments, d'ouvrages plus modestes, mais ausi de textes courts. Son œuvre couvre toute l'étendue du savoir de son époque :
Avicenne, fin lettré, fut le traducteur des œuvres d’Hippocrate et de Galien, et porta un soin particulier à l'étude d'Aristote. Il s'inscrit dans un mouvement général qui vit les philosophes de culture arabe s'exposer à la culture grecque et la faire redécouvrir ultérieurement à l'occident.
Pour ce qui est, en revanche, des influences contemporaines, l'affaire est moins entendue. Avicenne était proche du chiisme ismaélien, le courant auquel appartenaient sont père et son frère; d'ailleurs son autobiographie rapporte leurs efforts pour entraîner son adhésion à la dawat ismaélienne. Toutefois, le couvert que lui apporte les princes de Hamadan et d’Ispahan, chiites duodécimains, laisse à penser qu'il se serait rallié à cette obédience.
Cette controverse est moins futile qu'il n'y parait. L'ismaélisme comprend d'importantes personalités, telles que Abu Yaqoub Sejestani (Xe siècle), Abu Hatim al Razi (mort en 933), Hamid Kermani (vers 1017), ou Nasir Khosraw (entre 1072 et 1077) dont le travail à fortement influencé la pensée dans l'Islam. Ainsi, la théorie des Dix Intelligences (voir plus bas), amorcée chez al-Farabi apparaît chez Hamid Kermani avant qu'Avicenne ne se l'approprie.
Le Kitab Al Qanum fi Al-Tibb (« Canon de la médecine »), composée de 5 livres (kutub), est l'encyclopédie systématique qu'Avicenne consacre au savoir médical de son temps:
Le succès que rencontra son Canon fut tel que les travaux faits avant lui par Rhazès (850 - 926), Haly-Abbas (930 - 994}}) et Abulcassis ([[936 - 1013) ou même après, par Ibn-Al-Nafis (1210 - 1288), furent eclipsés. Les croisés, d'ailleurs, ne s'y trompèrent pas : du XIIe au XVIIe siècle, Le Canon de la Médecine, qu'il ramenèrent du Moyen-Orient, servit de fondement à la médecine pour les praticiens et à l'enseignement ce celle-ci.
Tout à tour traduit, en latin par Gérard de Crémone entre 1150 et 1187, imprimé, en hébreu à Milan en 1473, puis à Venise en 1527 et à Rome en 1593, le Canon n'est contesté que tard, à la Renaissance : Léonard de Vinci en rejette l'anatomie et Paracelse le brûle. Mais au delà , c'est le réveil de la science européenne qui sonne son obsolescence (par exemple la description de la circulation sanguine par Harvey en 1628).
Jusqu’en 1909 un cours de la médecine d'Avicenne fut donné à Bruxelles.
Avicenne brille dans les domaines de l'ophtalmologie, de la gynéco-obstétrique et de la psychologie. Il excelle dans la descriptions des symptômes, décrivant toutes les maladies répertoriées à l'époque, y compris celles relevant de la psychiatrie.
La médecine d'Avicenne, s'il est possible de la résumer, peut l'être par la phrase d'introduction de Urdjuza Fi-Tib' (Poème de Médecine) : « la médecine est l'art de conserver la santé et éventuellement, de guérir la maladie survenue dans le corps'' ».
La philosophie arabe, imprégnée de théologie, concevait plus clairement qu'Aristote la distinction entre essence et existence : alors que l'existence est le domaine du contingent, de l'accidentel, l'essence est, par definition, ce qui perdure dans l'être au travers de ses accidents.
L'essence, pour Avicenne, est non-contingente. Pour qu'une essence soit actualisée dans une instance (une existence), il faut que cette existence soit rendue nécessaire par l'essence elle-même. Cette relation de cause à effet, toujours parce que l'essence n'est pas contingente, est inhérente à l'essence elle-même. Ainsi il doit exister une essence nécessaire en elle-même pour que l'existence puisse être possible: l'Être nécessaire, ou encore Dieu; Cet Etre crée la Première Intelligence par émanation.
Cette définition altère profondément la conception de création: nous ne sommes plus en présence d'une divinité créant par caprice, mais face à une pensée divine qui se pense elle-même; le passage de ce premier être à l'existant est une nécessité et non plus une volonté. Le monde émane alors de Dieu par surabondance de Son Intelligence, suivant ce que les néoplatoniciens ont nommé émanation: une causalité immatérielle.
Avicenne s'inspire des travaux d'al-Farabi, mais à cette différence que c'est l'Être nécessaire qui est à l'origine de tout (voir plus bas les Dix intelligences). Cette perspective est donc plus compatible avec le Coran
C'est de cette Première Intelligence que va procéder la création de la pluralité. En effet,
La dixième intelligence revêt une importance singulière: aussi appelée intellect agent ou l'Ange, et associée à Gabriel dans le Coran, elle se situe si loin du Principe que son émanation éclate en une multitude de fragments. En effet, de la contemplation de l'Ange par lui-même, en tant qu'émanation de la neuvième intelligence, n'émane pas une âme céleste, mais les âmes humaines. Alors que les Anges de la Magnificence sont dépourvus de sens, les ames humaines ont une imagination sensuelle, sensible, qui leur confère le pouvoir de mouvoir les corps matériels.
Pour Avicenne, l'intellect humain n'est pas forgé pour l'abstraction des formes et des idées. L'homme est pourtant intelligent en puissance, mais seule l'illumination par l'Ange leur confère le pouvoir de passer de la connaissance en puissance à la connaissance en acte. Toutefois, la force avec laquelle l'Ange illumine l'intellect humain varie:
Pour les néo-platoniciens, dont Avicenne fait partie, l'immortalité de l'âme est une conséquence de sa nature, et pas une finalité.
Cette deuxième partie de la philosophie avicenienne nous est mal connue; l'ouvrage éponyme disparut au cours du sac d'Ispahan, en 1034, en même temps que le « Livre de l’arbitrage équitable » (Kitab al-Insaf), et Avicenne n'eu pas le temps ou la force de le réécrire. De cet ouvrage monumental (vingt-huit mille questions) ne subsistent que quelques fragments.
Les orientalistes occidentaux ont lontemps débattu de la signification même du terme mashriqiya:
Avicenne est l'auteur de trois textes (le "Récit de Hayy ibn Yaqzan", le "Récit de l’oiseau", le "Récit de Salâmân" et "Absâl") qui nous éclairent sur la signification de cette philosophie orientale, et répondent aux questions: Où est l’Orient? Comment s'y rendre? Comment l'atteindre?
Biographie
Son œuvre
Le dessein personnel du philosophe trouve son achèvement dans la philosophie orientale (hikmat mashriqiya), qui prit la forme de la compilation de vingt-huit mille questions. Cette œuvre disparut lors du sac d’Ispahan (1034), et il n'en subsiste que quelques fragments.Influences
La Médecine d'Avicenne
Le Canon
Plus qu'un recueil d'observations personnelles, le Canon tend à recenser les connaissances encyclopédiques antérieures. L'objectif d'Avicenne étant de concilier les doctrines d'Aristote et de Galien, ses écrits sont parfois plus philosophiques que cliniques. Toutefois, ses textes, souvent enrichis d'observations personnelles, sont restés, jusqu'au début du XVIIIe siècle une source majeure des universités d'Occident.Influence d'Avicenne
Mais avant tout, Avicenne s'intéresse aux moyens de conserver la santé. Il recommande la pratique régulière du sport ou l'hydrothérapie en médecine préventive et curative. Il insiste sur l'importance des relations humaines dans la conservation d'une bonne santé mentale et somatique. Doctrine Philosophique
Métaphysique
Première Intelligence
La création
Cette triple contemplation instaure les premiers degrés de l'être. Elle se répète, donnant naissance à la double hiérarchie :
Cette hiérarchie correspond aux Dix Sphères englobantes (Sphère des Sphères, Sphère des Fixes, sept Sphères planétaires, Sphère sublunaire).L'Ange
Selon cette conception, l'humanité partage un et un seul intellect agent, c'est-à -dire une conscience collective. Le stade ultime de la vie humaine, donc, est l'union avec l'émanation angélique. Ainsi, cette ame immortelle confère, à tous ceux qui ont fait de la perception de l'influx angélique une habitude, la capacité de surexistence, c'est-à -dire l'immortalité.Philosophie Orientale
L'Occident et l'Orient
La tradition, en théosophie et mystique islamiques, considère mashriq (l'Orient) comme monde de la lumière, celui des Intelligences et donc des Anges, par opposition à maghrib (l’Occident) qui représente le monde sublunaire, monde de ténèbres où déclinent les âmes. Cette conception est déjà explicite chez Avicenne (voir le recit symbolique Hayy ibn Yaqzan), et le sera d'autant plus chez ses commentateurs et critiques, comme Sohrawardi.L'Orient mystique
Influence d'Avicenne
