article sur le Apostasie (islam), Explication sur le Apostasie (islam)

Apostasie (islam) Article, Signification, Explication

  • KafĂ®r (plur.: kufar)dĂ©signe le mĂ©crĂ©ant, l'apostat et l'athĂ©e. Il peut aussi dĂ©signer l'hĂ©rĂ©tique et toute sorte de dissidents politiques
  • takfĂ®r dĂ©signe l'apostasie

Articles connexes : hisba, Taslima Nasreen, Salman Rushdie, Nasr Abu Zeid

Table of contents
1 règle générale
2 Un peu d'histoire
3 Les guerres de Ridda
4 Irtidâd
5 Un peu de théologie
6 1er Hadith
7 2èm hadith
8 géopolitique
9 Égypte
10 voir aussi
11 Lire aussi

règle générale

Ceux qui ne croient pas et qui meurent mécréants, il ne sera jamais accepté d'aucun d'eux de se racheter même si pour cela il [donnait] le contenu, en or, de la terre. Ils auront un châtiment douloureux, et ils n'auront point de secoureurs.

  • mĂŞme texte en Coran, (3,90)

Voir aussi : le
délit d'apostasie en Islam

Toutefois, il faut distinguer Ridda et Irtidâd

Un peu d'histoire

Les guerres de Ridda

Ridda signifie le rejet mais aussi la sécession. Reste à savoir ce que rejetaient ceux qui firent l'objet des Guerres de Ridda racontées dans la littératures des expéditions.

Selon Abu Miknaf mort en 774, une partie des tribus confédérées par la Constitution de Médine refusaient l'impôt qu'il s'agisse de la saquât (dîme) ou de la sadaqât (aumône) qui étaient des tributs obligatoires. Ainsi, au Yémen, Wâqidî rapporte :

Par Dieu ! Nous voici devenus les esclaves des Quraysh. Ils prenent ce qu'ils veulent de nos biens. Par Dieu ! Que plus jamais Quraysh ne puissse convoiter nos biens désormais.

On comprendrait donc, dans ce cas de figure, l'interprétation en apostasie du rejet de l'impôt (revendication sociale) est une reconstruction de l'histoire destinée à justifier la guerre de conquête ou le maintien d'une colonisation de fait. Néanmoins le coran précise par ailleurs que les non-croyants sont soumis au contraire... à un impôt supplémentaire, le zakat étant rempladé pour eux par le dhimmi (Coran, 9, 29).

La compréhension sécession se rencontre dans les guerres menées par Abou Bakr qui sont systématiquement menées contre les leaders charismatiques classés par les tribus comme devins, prophètes et poètes, tels que la poétesse et prophétesse Sajâh que la littérature des Expéditions et des Conquêtes classe en imposteurs.

Cet aspect est évident dans le cas de la confédération des Bâni Hanifa, sous la direction de Musalayma, qui regroupe des tribus monothéistes plus anciennes honorant un Dieu qu'elles nomment Al Rahman, le Miséricordieux. Cette appellation d'étymologie araméenne conduit à penser nombre de chercheurs qu'il s'agit là de groupes chrétiens monophysites pré-nicéens.

Ces tribus devront faire allégeance et Tabâri raconte leur sort de la façon suivante :

« Kâlid Ibn al Walid avait livré au feu des gens qui appartenaient à la Ridda. Omar dit alors à Abu Bakr « Vas-tu laisser faire celui-ci qui se permet d'infliger un châtiment qui est réservé à Dieu ? » Abou Bakr lui répondit : "Je ne rengainerai pas un sabre que Dieu a dégainé contre les païens (mushrikîn). »

On comprend donc que la raison de la guerre est la concurrence d'une autre confédération rivale. Le récit construit en lutte contre l'apostasie est une réécriture visant à justifier la guerre.

Irtidâd

Etymologiquement, c'est le retour en arrière.

Elle signifie le détournement délibéré, sans contrainte aucune, du Musulman, mature et conscient, de l'Islam vers la dénégation. Cette définition est aussi bien valable pour l'homme que pour la femme.

On comprend alors les difficultés des personnes d'éducation musulmanes qui décident d'embrasser une autre religion. La plupart choisissent l'exil.

Le 15 juillet 1998 Mekki Kuku est emprisonné à Khartoum et attend un jugement d'une charge d'apostasie d'islam au christianisme. Le Soudan condamne à mort ceux qui « abandonnent l'islam. »

Article connexe : béhaïsme

Exception de marranisme

Un musulman qui renie l'islam sous contrainte n'est pas un apostat, tant que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi. Ainsi, `Ammâr Ibn Yâsir fut contraint malgré lui de renier l'Islam. Selon la tradition, Dieu révéla alors à son sujet :

« Quiconque a renié Dieu après avoir cru... - sauf celui qui y a été contraint alors que son cœur demeure plein de la sérénité de la foi - mais ceux qui ouvrent délibérément leur cœur à la mécréance, ceux-là ont sur eux une colère de Dieu et ils ont un châtiment terrible. »

Exception réciproque

Elle concerne les chrétiens convertis de force qui peuvent retourner au christianisme. Le libre retour au christianisme des chrétiens islamisés sous la pression de la guerre en Égypte est attesté jusqu'à la V croisade

Un peu de théologie

La peine de mort est appliquée dans les pays arabo-musulmans suite à de nombreux délits qui n'ont rien de religieux.
Ce qui se passe dans le monde musulman sur cette question relève d'interêts politiques et économiques sans aucune logique ni éthique Tarek Oubrou, Loi d'Allah, Loi des hommes (Albin Michel)

Il n'en reste pas moins que 2 hadiths prévoient la peine de mort en cas d'apostasie :

Celui qui change de religion, tue-le
Qui quitte sa religion, quitte sa communauté
article spécialisé : Règles de validation des hadiths

1er Hadith

Ce hadith est rapporté par Bukharî (mort en
870) et n'est pas repris par Muslim (mort en 875) dans son Sahih. Cela en fait un hadith faible et cet état devrait en diminuer la portée car Muslim conteste certains critères d'authenticité retenus par Bukharî.

Rien dans la biographie de Muhamad ne contient la moindre information crédible favorisant la mise en exécution d'une telle sentence. Au contraire, deux épisodes le montre traitant avec des apostats ou des personnes ayant quitté sa communauté.

On le voit signer un traité avec Quraysh encore païen, dont une clause précise que rien ne doit empêcher ceux qui le souhaitent de retourner dans la tribu adverse et, partant, de retourner à l'idolâtrie ante-musulmane. Cet article du traité Hudaybiya n'est pas rapporté par Bukharî.

Rien dans le Coran ne justifie une telle sentence.

2èm hadith

Nombreux sont ceux qui parlent d'un consensus (ijma) sur ce hadith. Ce prétendu consensus se limite à deux juristes, tous deux morts en 878 :
  • Ibrahim Nakhay,
  • Sulfyan Thawry.
Par ailleurs, le calife Omar (IXe siècle) récuse son application même s'il est authentique en apprenant avec colère la condamnation de 6 apostats de la tribu de Banî Bakr.

Chez les hanbalites les plus rigoristes, cette sentence est admise pour les hommes et récusée pour les femmes. L'argument de la récusation tient aux circonstances du hadith, liées aux conquêtes et sécessions. Ibn Quayim, mort en 1320 récuse la peine de mort en cas d'apostasie montrant le Prophète traitant avec des apostats devenus ambassadeurs d'un pays non musulman, celui de Musalayma, dépositaire dune Révélation concurrente.

  • Une tradition existe qui suffirait Ă  justifier l'abolition de cette pratique pour peu que des gouvernements dĂ©mocrates dans les pays concernĂ©s le souhaitent. On peut donc s'interroger sur le point de savoir si les gouvernements qui intègrent la charia (en fait, la prennent pour source de droit dans cette interprĂ©tation particulière) dans leurs constitutions, ne le font pas dans le projet de diposer des potentialitĂ©s de terrorisme d'État qu'elle recèle.

géopolitique

Égypte

Ce pays est signataire de la
déclaration universelle des droits de l'homme de 1848 qui admet formellement le droit de changer de religion et l'apostasie n'est pas explicitement condamnée par la loi. L'article 98f du Code Pénal, prévu pour ouvrir un espace de tolérance et réprime :
Tout acte de dégradation ou de mépris à l'égard d'un lieu ou d'une secte religieuse dans l'intention de porter préjudice à l'unité nationale ou à la paix sociale
Il a été occasionnellement utilisé pour condamner la conversion de musulmans à une autr religion ou pour avoir tenu des propos relevant de l'athéisme.

Suite à l'affaire Nawal al Sadaawi, la loi n°3 du 29 janvier 1996 réserve au Procureur de la République le droit d'engager la procédure de poursuites pour crime contre Dieu ou pour crime contre le peuple contre la hisba qui le laissait à tout un chacun.

voir aussi

Organisation de la conférence islamique : Déclaration des droits de l'homme en islam du 5 août 1990.

Lire aussi


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