article sur le Anti-américanisme, Explication sur le Anti-américanisme

Anti-américanisme Article, Signification, Explication

  

L'anti-américanisme décrit une position dédaigneuse, méfiante ou hostile vis-à-vis de la politique des États-Unis d'Amérique, de l'organisation de leur société, de leur histoire ou de leur culture. Certains y voient l'expression d'un nationalisme exacerbé ou d'un fondamentalisme et le considèrent comme une source du terrorisme international. Le terme et le concept sont cependant rejetés par la plupart des détracteurs des États-Unis, qui considèrent le terme comme un repoussoir destiné à rejeter toute critique.

Table of contents
1 Histoire
2 Facettes de l'anti-américanisme
3 Polémique au sujet du concept
4 Le sentiment anti-américain selon les pays
5 Voir aussi

Histoire

Au cours de l'histoire s'est développée une Haßliebe (amour-haine) des Européens envers les États-Unis. Encore aujourd'hui, ces derniers critiquent régulièrement l'interventionnisme américain, l'omniprésence de la langue anglaise ou le mode inégalitaire de la société américaine ; ils n'en restent pas moins des spectateurs assidus des films hollywoodiens et se laissent charmer par les feuilletons télévisés vendant le rêve américain (par ex. Dallas). L'Amérique latine est une autre terre traditionnelle de l'anti-américanisme, à cause de la politique menée par les États-Unis sur cette partie du continent. Plus récemment, le sentiment anti-américain s'est répandu dans le reste du monde, en particulier dans le monde arabo-musulman.

Les Amériques furent très tôt considérées comme un continent sur lequel l'Europe pouvait se projeter et se développer. L'évêque et philosophe irlandais George Berkeley exprima en 1726 la théorie de la translatio imperii, studii et religionis, à savoir que le développement de l'humanité suivait d'est en ouest la course du soleil : l'Europe était à la pointe de la civilisation après que l'Orient puis les Arabes eurent joué ce rôle. Les Amériques constituaient le prolongement logique de cette translation.

Cependant, de retour d'un voyage aux USA, Charles Dickens exprima en 1842 sa déception : il publia un carnet de voyage (American Notes) critique vis-à-vis de la société américaine, en particulier du faible attachement au terroir et du manque de savoir-vivre. Il n'en reste pas moins que les États-Unis signifiaient pour le peuple européen la possibilité d'améliorer sa condition économique. Les Irlandais victimes de la famine, les Scandinaves, les Russes, les Burgenlandais et les Italiens émigrèrent en masse. Pour les opposants politiques l'exil était une possibilité d'éviter l'emprisonnement : en 1848 les États-Unis connurent une vague d'immigration qui exporta d'Europe vers le Nouveau Monde le mécontentement social.

Au XXe siècle les États-Unis devinrent l'ennemi suprême des syndicalistes, le fordisme et le taylorisme naissants furent considérés comme inhumains : Bertolt Brecht critiqua le « capitalisme nu ». Dans les années 1920 les films et les compagnies américaines arrivèrent en Europe. La chanteuse noire Josephine Baker obtint un grand succès en Europe et y devint l'un des symboles de l'Amérique, bien que le jazz fût considéré par l'élite américaine comme unamerican (non américain). Dans le même temps, la participation des États-Unis à la Première Guerre mondiale engendra un sentiment anti-américain dans les puissances de la Triple Alliance. Il se renforça durant le marasme économique de la Grande Dépression. En Allemagne, les nationaux-socialistes accréditèrent l'idée que les États-Unis étaient dirigés par une conspiration juive.

La fin de la Seconde Guerre mondiale et la défaite du nazisme, le monde connut une polarisation entre l'URSS communiste et les États-Unis capitalistes. Un anti-américanisme d'idéologie communiste fut imposé dans les pays d'Europe centrale et de l'est, et relayé par les partis communistes des pays alliés des États-Unis. En réaction à la menace soviétique, les dirigeants américains menèrent a contrario une politique anti-communiste qui culmina avec le McCarthysme. L'interdiction du parti communiste américain et le harcèlement des sympathisants communistes fut utilisé par les détracteurs des États-Unis comme un argument de la faiblesse de la démocratie américaine.

Les interventions militaires américaines (utilisation de la bombe atomique contre le Japon, destruction totale de villes allemandes comme Dresde, guerre de Corée, guerre du Viêt Nam) depuis 1945 ont également jeté le doute sur l'image humaniste et civilisatrice des États-Unis. De plus, les États-Unis décidèrent durant la guerre froide de déstabiliser ou renverser des régimes démocratiques qu'ils craignaient de voir verser dans le communisme (par ex. le coup d'état du 11 septembre 1973 contre Salvador Allende au Chili) et de soutenir des régimes non démocratiques (par exemple l'Arabie saoudite). Il est à noter que les pays d'Europe occidentale appliquèrent également cette Realpolitik. Durant le même moment la contre-culture américaine, pacifiste, conquérait l'Europe.

Le soutien des États-Unis à Israël depuis sa création en 1948, puis le maintien de troupes « infidèles » sur les lieux saints de l'Islam, en Arabie saoudite après la première guerre du Golfe contribuèrent à développer un sentiment anti-américain dans le monde arabe. Il fut entretenu par certains gouvernements autoritaires (en Syrie ou en Iran) qui firent des USA un exutoire du mécontentement populaire ; ce sentiment est également alimenté par les fondamentalistes musulmans.

Les attentats du 11 septembre 2001 provoquèrent un grand élan de sympathie en Europe vis-à-vis des États-Unis. La gestion unilatérale et contestée de la menace terroriste par le pays (détention illimitée de suspects à Guantánamo sans recours possible, intervention militaire en Irak en 2003 pour des raisons qui se révélèrent erronées, soutien aux méthodes israéliennes contestées de lutte contre les groupes palestiniens terroristes, blanc-seing délivré au gouvernement russe pour sa « lutte contre le terrorisme » lors de la seconde guerre de Tchétchénie) a rapidement eu raison de cette sympathie et a nourri une nouvelle vague d'anti-américanisme tant dans le monde arabo-musulman qu'en Europe. Il est à noter que certains gouvernements européens ont approuvé ces politiques et y ont œuvré, le plus souvent contre leur opinion publique.

Facettes de l'anti-américanisme

Critique économique

La critique économique est le plus souvent reliée à une contestation de l'économie de marché par les anti-capitalistes et les communistes. Le système américain, taxé de libéral, serait responsable de la pauvreté et de la désagrégation des structures sociales. Bien que cette critique aie connu une quasi-disparition avec l'effondrement du bloc communiste en 1989–1991, le mouvement altermondialiste a repris cet angle d'attaque.

Les États-Unis sont également accusés de vivre au dépens du reste du monde car ils possèdent un déficit commercial important et persistant. Comme l'Union européenne, ils se voient reprocher de fausser la concurrence mondiale par le biais de subventions (agriculture, aéronautique) et de porter atteinte, en particulier, aux pays agricoles du Tiers-Monde.

Critique anti-religieuse

Dans sa forme anti-religieuse, l'anti-américanisme critique la place prépondérante de la religion dans la société américaine, le conservatisme ou l'extrémisme religieux.

L'absence nette de séparation entre l'Église et l'État et l'omniprésence de la religion chrétienne dans le débat public sont l'objet de vives critiques en Europe : la présence de Dieu sur les billets de banque (In God we trust : « Nous avons confiance en Dieu »), l'interdiction faite, dans certaines écoles et pour motifs religieux, d'enseigner la théorie de l'évolution de Charles Darwin ou l'instauration d'un jour de prière par le Sénat pour la protection de l'Amérique y sont particulièrement mal perçus.

L'argument moral et religieux est parfois utilisé par les gouvernements américains pour justifier leurs actions internationales ; cela est souvent interprété en dehors des États-Unis comme un sentiment de supériorité morale voire d'arrogance.

Les États-Unis sont également accusés d'une politique hostile vis-à-vis de l'Islam, qu'elle soit motivée par les chrétiens fondamentalistes américains, par le groupe de pression sioniste ou par le racisme.

Durant la présidence de Bill Clinton, les États-Unis reprochèrent a contrario à leurs alliés européens de ne pas respecter la liberté de culte notamment à cause des refus allemand et français de reconnaître l'Église de Scientologie comme telle — ces pays la considèrent comme une secte destinée à extorquer des fonds. Cette ingérence dans les affaires religieuses en Europe est y globalement mal perçue.

Critique anti-« séculière »

L'anti-américanisme peut également être a contrario « anti-séculier » : nombre de fondamentalistes religieux critiquant la décadence morale des États-Unis (par exemple en raison de l'industrie pornographique et de la tenue vestimentaire des femmes) et leur perte des valeurs religieuses.

Le clergé catholique, sur l'ensemble de la planète, considère la culture pop américaine comme contraire aux enseignements religieux.

Critique anti-impéraliste

Une forme anti-impéraliste assimile les interventions militaires, économiques ou diplomatiques américaines à une nouvelle forme de colonisation. Est particulièrement critiqué l'unilatéralisme des prises de décision américaines ; ainsi l'historien Tony Judt résume-t-il que les Américains « sont peu enclins à participer aux initiatives et aux accords internationaux, que cela soit dans la question du réchauffement climatique, celle des armes biologiques, celle du droit pénal international (Cour pénale internationale) ou celle du droit des femmes ». Certains détracteurs des États-Unis leur reprochent également une vision simpliste, voire naïve, de la géopolitique.

Critique de la culture américaine

L'anti-américanisme « culturel » dénigre la production culturelle et le mode de vie américains, accusés d'envahir le monde et de l'uniformiser. Un sentiment anti-Hollywood est caractéristique de cet état d'esprit.

Critique humaniste

L'anti-américanisme résulte parfois d'un humanisme qui s'insurge contre certaines pratiques jugées barbares, comme l'exécution sur la chaise électrique, l'application de la peine de mort à des mineurs ou la condamnation à perpétuité prononcée dans certains comtés de Californie après la deuxième récidive d'un menu délit.

Un fort courant abolitionniste européen conteste le recours même à la peine capitale et argüent que seuls de rares pays développés y ont encore recours (Japon, USA).

Critique écologiste

D'un point de vue écologiste, les États-Unis sont accusés de gaspiller les ressources non renouvelables (notamment le pétrole) et de ne pas chercher à réduire leurs émissions de substances polluantes (refus de ratifier le Protocole de Kyoto sur la limitation de l'émission des gaz à effet de serre).

Critique du différentialisme

D'un point de vue universaliste les États-Unis sont accusés de différentialisme, c'est-à-dire de considérer les individus en fonction de leur origine nationale, ethnique et religieuse. Est en cause le système communautaire.

Le système de discrimination positive destiné à favoriser les personnes issues de minorités ethniques défavorisées serait également un exemple de différentialisme.

Critique du patriotisme

Les internationalistes et les pacifistes reprochent également le patriotisme des Américains ainsi que leur militarisme. Fait également l'objet de critiques la culture des armes et l'important groupe de pression des armes à feu, la National Rifle Association.

Anti-américanisme et xénophobie

Dans certains cas, la cristallisation de l'anti-américanisme peut déborder sur la xénophobie.

L'« américain » peut alors devenir la somme de toutes les critiques exprimées au pays, une accumulation de clichés : un texan obèse car il ne mange que chez McDonald's, ignorant tout du monde extérieur et roulant dans un 4x4 polluant. Favorable à la peine de mort, il a pour seules passions les armes à feu et le drapeau étoilé. Il fait des patrouilles dans une milice pour empêcher les hispanique d'envahir sa patrie. Il est conservateur, contre l'avortemenet, contre le mariage homosexuel et puritain.

On accuse entre autres Les Guignols de l'info de ce type de débordement (par exemple dans leur représentation des adolescents américains, bouffis de hamburgers, de coca-cola et de jeux vidéos).

Polémique au sujet du concept

Les critiques des États-Unis refusent généralement d'être décrits comme anti-américains et argüent que le concept est le plus souvent employé de manière péjorative à leur encontre. Le terme servirait à repousser d'avance toute critique, fût-elle fondée. Il est à noter que le terme d'anti-américanisme est souvent suivi de l'adjectif primaire (« anti-américanisme primaire »), ouvertement péjoratif, et qu'il est utilisé à l'encontre des détracteurs des États-Unis.

Aussi Noam Chomsky écrit-il « Le concept d'anti-américanisme est intéressant. Son équivalent n'est utilisé que dans les États totalitaires et les dictatures militaires... Ainsi, dans l'Union Soviétique, les dissidents étaient condamnés pour anti-soviétisme. C'est un usage naturel parmi les personnes avec des instincts totalitaristes bien implantés qui identifient la politique de l'État avec la société, la population, la culture. A contrario, les personnes ayant tant soit peu d'esprit démocratique traitent ces notions ridicules avec dédain. À supposer qu'une personne en Italie critique la politique italienne soit condamnée comme « anti-italienne », l'événement serait considéré comme trop ridicule même pour que l'on puisse en rire. »

Le sentiment anti-américain selon les pays

Espagne

L'anti-américanisme espagnol débuta avec la guerre perdue en 1898 contre les États-Unis, qui signifia la fin des colonies espagnoles du Nouveau Monde.

Du côté de l'Axe au début de la Seconde Guerre mondiale et adveraires des juifs et des francs-maçons, le Général Franco adopta une attitude plus neutre puis favorable aux États-Unis en raison de la défaite de l'Axe et de son opposition au communisme. Le pays, ruiné par la guerre civile, ne reçut cependant pas l'aide du plan Marshall, déception portée à l'écran dans la comédie Bienvenido Míster Marshall, qui reste un des classiques de l'anti-américanisme espagnol.

L'opposition républicaine des années 1960 et 1970, de gauche, voyait dans les États-Unis le soutien de Franco. Le soutien aux guérillas sud-américaines d'inspiration marxiste (donc combattues par les États-Unis) renforça le sentiment anti-américain.

Malgré un sentiment anti-américain dans la population, l'Espagne a rejoint l'OTAN et participa, sous le gouvernement de José María Aznar et contre l'avis d'une majorité écrasante de la population, à la guerre en Irak aux côtés des États-Unis. En 2004, la population élisait le candidat socialiste José Luis Rodríguez Zapatero qui promettait un désengagement immédiat des troupes espagnoles d'Irak.

Canada

L'anti-américanisme canadien se développa initialement pendant la guerre d'indépendance américaine. Les Canadiens francophones craignirent que les treize colonies à majorité protestante ne reconnussent pas la culture française et la religion catholique, et les groupes indigènes s'inquiétèrent de la perte de la protection accordée par les traités signés avec le Royaume-Uni. Lorsque les colonies rebelles tentèrent d'envahir le Québec et de libérer leur voisins de force, nombre de Canadiens commencèrent à prendre les Américains pour des personnes arrogantes, violentes et dangereuses. Ces sentiments furent amplifiés par la migration subite de milliers de loyalistes hors des treize colonies.

Pendant la guerre de 1812, les craintes canadiennes furent soudain réalisées lorsqu'une force américaine envahit le Canada. Il y eut de nombreux morts et, encore aujourd'hui, les Canadiens ont le sentiment que les Américains ont vraiment perdu la guerre mais sont trop fiers pour admettre avoir perdu contre le Canada — bien que le Canada n'existât pas en tant que tel et que les américains eussent en réalité combattu les britanniques.

La menace américaine fut l'une des raison de la création du Canada en 1867. Après de nombreuses attaques contre le Canada dirigées par la Fenian Brotherhood stationnée aux USA et l'expansion des ces derniers vers l'ouest, les Canadiens et les Britanniques sentirent une menace planer sur leurs terres. Elle n'était pas infondée puisque le gouvernement américain poursuivait le programme Manifest Destiny et cherchait à répandre leurs valeurs démocratiques chez leurs voisins septentrionaux.

Un sentiment de compagnonnage avec les États-Unis se développa durant les deux guerres mondiales et rapprocha les deux pays sur les plans politique et économique. Ils font aujourd'hui partie d'institutions communes comme l'OTAN et l'ALENA.

Aujourd'hui peu de Canadiens se considèrent « anti-américains » mais davantage opposés au gouvernement américain. Cependant ils plaisantent à l'envi au sujet de l'ignorance supposée des américains des cultures étrangères, notamment canadienne. Les Canadiens ont généralement des vues plus progressistes que la majorité des américains et considèrent ces derniers réactionnaires au sujet de l'État-providence, du féminisme, de l'avortement, de la peine capitale, des relations avec Cuba, de l'écologie, de l'homosexualité, de la lutte contre les drogues, de l'immigration, de la défense.

Aux États-Unis

Une partie de la population américaine partage certaines des vues des anti-américains. Les conservateurs accusent régulièrement les liberals (personnes de gauche) d'avoir des points de vue anti-américains.

En France

En Allemagne

Un des thèmes du NPD (parti d'extrême-droite) est l'antiaméricanisme : ils vont jusqu'à comparer les bombardements sur l'Afghanistan et l'Irak à ceux de Berlin ou
Dresde pendant la Seconde Guerre Mondiale. Les néonazis développent également un sentiment anti-américain à cause du chômage et de la diffusion de la culture américaine, surtout dans l'est de l'Allemagne.

En Suisse

L'affaire des comptes en deshérence — comptes banquaires appartenant pour bon nombre à des juifs disparus pendant la Seconde Guerre mondiale — a généré un certain sentiment anti-américain. Bien que l'attitude des banques ait été incriminable, le peuple suisse a été heurté par les accusations de collaboration avec le régime nazi et par l'interventionnisme l'État américain et de ses tribunaux dans les affaires d'un pays étranger.

Actuellement, la Suisse est un des pays européens qui indique sa plus forte opposition à George W. Bush dans les enquêtes d'opinion, bien que bonne part des suisses soit comme lui protestante et évangélique. Car son style de gouvernance s'oppose aux valeurs de consensus et de paix sociale prônée par les Suisses.

Voir aussi

Bibliographie

  • Ian Buruma, Avishai Margalit Occidentalisme: l'ouest dans les yeux de ses ennemis (2004), ISBN 18-435-4287-0
  • Gian Paolo Ceserani, Umberto Eco, Beniamino Placido : Le modèle Amérique (1985), ISBN 88-420-2462-7
  • Dan Diner : Images hostiles de l'Amérique : la persistence d'un ressentiment (2002), ISBN 35-490-7174-4
  • Paul Hollander, Comprendre l'anti-américanisme : son origine et ses conséquences aux USA et à l'étranger (2004), ISBN 15-666-3564-0
  • Jean-François Revel, L'obsession anti-américaine : son fonctionnement, ses causes, ses inconséquences (2003), ISBN 22-661-3340-3
  • Philippe Roger, L'Ennemi américain : Généalogie de l'antiaméricanisme français (2002), ISBN 20-204-0643-8
  • Jean-Marie Colombani, Walter Wells, France-États-Unis, déliaisons dangereuses, Paris, Jacob-Duvernet (2004), ISBN 2-8472-4066-7

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