Albanais Article, Signification, Explication
L'albanais (shqip en albanais) est une langue qui constitue à elle seule un groupe indépendant au sein de la famille des langues indo-européennes (bien qu'au cours de son histoire l'albanais ait emprunté de nombreux mots aux langues environnantes: latin, slave, grec, italien). Il est parlé par six millions de personnes environ, dont trois millions et demi en Albanie. Les autres locuteurs sont installés au Kosovo, en Macédoine, au Monténégro et dans le nord-ouest de la Grèce. On trouve également une communauté albanophone répartie dans une quarantaine de villages en Italie du sud et en Sicile, les Arbëresh, qui descendent des Albanais émigrés au XVe siècle. Il est enfin parlé par quelques petits groupes en Bulgarie, en Roumanie, en Ukraine, ainsi que par une diaspora nombreuse en Amérique et en Australie.
L'albanais se subdivise en deux dialectes : le guègue, au nord du fleuve Chkoumbi, et le tosque au sud.
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Écriture
L'albanais a été écrit relativement tard : les plus anciens textes conservés datent de la seconde moitié du XVe siècle. La langue écrite standard actuelle, en caractères de l'alphabet latin, a été élaborée sur la base du dialecte tosque.
Ordre alphabétique et valeur des graphèmes
La transcription suit les usages de l'alphabet phonétique international.
| A | B | C | Ç | D | DH | E | Ë | F | G | GJ | H | I | J | K | L | LL | M | N | NJ | O | P | Q | R | RR | S | SH | T | TH | U | V | X | XH | Y | Z | ZH |
| a | b | c | ç | d | dh | e | ë | f | g | gj | h | i | j | k | l | ll | m | n | nj | o | p | q | r | rr | s | sh | t | th | u | v | x | xh | y | z | zh |
| | |||||||||||||||||||||||||||||||||||
| a | b | ʦ | ʧ | d | ð | ɛ | ə | f | g | ɟ | h | i | j | k | l | ɫ | m | n | ɲ | ɛ | p | c | ɾ | r | s | ʃ | t | θ | u | v | ʣ | ʤ | y | z | ʒ |
Histoire
Cet alphabet est utilisé officiellement depuis la normalisation de 1908. Il utilise des digrammes et deux diacritiquess, le tréma ainsi que la cédille (on peut aussi compter l'accent circonflexe servant au guègue, souvent remplacé par un tilde dans des ouvrages de linguistique). Les digrammes et les lettres diacritées comptent pour des graphèmes indépendants et non comme des variantes (ce qui est le cas pour é, è, ê et ë en français, variantes de e pour le classement alphabétique). L'albanais était noté auparavant par divers alphabets originaux (comme l'elbasan, le buthakukye et l'argyrokastron), le grec, le cyrillique ou un alphabet latin modifié différent de celui qui est utilisé de nos jours.
L'alphabet actuel est presque phonologique : dans l'absolu, toutes les lettres se lisent, et toujours de la même manière, à l'exception du e caduc. On a donné dans le tableau ci-dessus les réalisations des lettres dans la prononciation standard. Il existe bien entendu des variantes dialectales.
Remarques
Voyelles
Si le guègue possède des voyelles nasalisées — notées par un circonflexe au-dessus de la voyelle correspondante — le tosque les a perdues. Hormis cela, la représentation du système vocalique albanais est assez simple.
La voyelle ë [ə] (comme le e caduc en français dans je mais plus ouvert et moins labialisé) est souvent omise dans la prononciation lorsqu'elle est en position finale et atone après une seule consonne : [ə] [- accent tonique] > Ø / C_#.
Consonnes
La transcription des phonèmes de l'albanais selon la normalisation mise en place en 1908 peut sembler assez déroutante. En effet, plusieurs traditions orthographiques sont en jeu :
La palatalisation des consonnes est notée par -j subséquent (j seul notant [j]) : gj = [ɟ] (comparable au hongrois gy dans magyar) et nj = [ɲ] (français gn dans gnon). Quand il faut représenter [gj] et [nj], on remplace le j par i, afin d'éviter l'ambiguïté : [gja] s'écrit donc gia, gja notant déjà [ɟa].
La sourde palatale [c] (hongrois ty) est cependant rendue historiquement par q. La spirantisation peut être notée par un -h subséquent, ce qui est le cas pour dh [ð] (anglais th dans then) et th [θ] (anglais th dans thin), mais pas pour sh [ʃ] (français ch dans chien), xh [ʤ] (français j dans blue jean) ni zh [ʒ] (français j dans je). Dans ce cas, -h indique le caractère postalvéolaire des consonnes.
Les affriquées sifflantes sont rendues par c, [ts] (français ts dans tsar), pour la sourde, et x, [dz] (italien z dans zero), pour la sonore ; les affriquées chuintantes par ç, [ʧ] (comme tch dans tchèque), et xh [ʤ].
Autres cas notables
Il existe encore deux digrammes à retenir : ll [ɫ] (dark /l/ de l'anglais dans full) et rr [r] (/r/ roulé à plusieurs battements comme en castillan perro), qui s'opposent à l [l] et r [ɾ] (/r/ battu bref comme en castillan dans pero).
On peut trouver une séquence ng- à l'initiale, qui n'est cependant pas un digramme. Le jeu de la variation combinatoire fait qu'une telle séquence se prononce vraisemblablement [ŋg] (comme ng en anglais finger).
Divers
Code ISO 639-1 : sq; code ISO 639-2 : sqi.
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