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Aide médicale urgente Article, Signification, Explication

 

L'aide médicale urgente (amu) est le dispositif mis en place par un état pour apporter une aide médicale aux personnes victimes d'un accident ou d'une affection brutale et inattendue. Elle comporte en général un système d'alerte, par lequel la victime ou les témoins peuvent demander cette aide médicale urgente, et des services mobiles d'intervention.

Le principe de base de l'aide médicale urgente est la chaîne des secours : le secours aux victimes repose sur la collaboration entre différents intervenants, depuis le témoin jusqu'au médecin, éventuellement hospitalier, qui prendra en charge la personne, en passant par les secouristes et ambulanciers qui sont dépêchés sur place pour assurer les prompts secours.

Les maillons de cette chaîne (les différents intervenants) sont coordonnés par la régulation médicale, qui assure une graduation des secours : mobiliser les moyens nécessaires mais pas plus, afin de pouvoir couvrir une autre intervention.

Table of contents
1 Historique de l'aide médicale urgente
2 Niveaux de soin et graduation de la réponse
3 Stay and play, scoop and run ou play and run ?
4 Aide médicale urgente en France
5 Aide médicale urgente en Belgique
6 Aide médicale urgente aux États-Unis
7 Aide médicale urgente en Suisse
8 Voir aussi

Historique de l'aide médicale urgente

La notion d'aide médicale urgente, ou « pré-hospitalière », doit beaucoup à la médecine de guerre, et notamment à Dominique Larrey (1798), Henry Dunant (1864) et Santy (Seconde Guerre mondiale).

En France, l'aide médicale urgente s'est organisée suite à une épidémie de poliomyélite en 1955 et pour répondre à l'hécatombe routière des années 1960-1970.

L'expression d'« aide médicale urgente » est née en Belgique dans la loi du 8 juillet 1964.

Niveaux de soin et graduation de la réponse

La difficulté de gérer l'aide médicale urgente est la fréquence aléatoire des accidents (au sens large, affection soudaine et inattendue compris) : si l'on peut déterminer un taux d'activité moyen, il faut aussi faire face à des pics d'activité dus à des événements exceptionnels (catastrophe, accident de grande ampleur), à des événements saisonniers (accidents de voiture dus à l'alcool le samedi soir, épidémies de grippe et de bronchiolite en hiver, accidents de montagne durant les vacances) ou au hasard (plusieurs accidents simultanés).

On ne peut pas résoudre ce problème en se contentant d'augmenter les effectifs et le matériel. Outre un gaspillage d'argent, les périodes de sous-activité induisent une démotivation et une perte de compétence de la part des acteurs, et des problèmes de maintenant et de logistique pour le matériel. La réponse la plus couramment développée est la graduation des secours : proposer plusieurs niveaux de soins, adaptés à l'affection. Il faut pour cela disposer d'une structure de coordination sélectionnant les moyens à envoyer : la régulation médicale.

On peut distinguer cinq niveaux de réponse à un appel :

Les réponses offertes varient selon les pays.

Cette assistance pré-hospitalière ne peut s'envisager que si le pays dispose déjà :

  • d'une structure de soin permettant de gérer les affections non urgentes (médecins libéraux, dispensaires, hôpitaux) ;
  • d'une structure d'accueil et de traitement des urgences (service d'urgence à l'hôpital) pouvant prendre en charge les victimes amenées par les ambulances et véhicules de prompt secours.
La du public aux premiers secours permet d'améliorer l'efficacité du système :
  • en informant sur les risques, en apprenant à faire une , cela diminue le nombre d'accidents et leurs conséquences ;
  • en apprenant à passer une rapide et précise et à se conformer aux consignes téléphoniques, cela permet d'améliorer la régulation médicale ;
  • en apprenant les à faire en attendant les secours, cela améliore les chances de survie des victimes.

Stay and play, scoop and run ou play and run ?

La structure du samu et du smur français est née à la fin des années 1960, avec la constatation suivante : les victimes d'accidents de voiture décédaient la plupart du temps pendant leur transport vers l'hôpital ; d'autre part, une étude de Schœmaker a montrée en 1988 que la défaillance multi-viscérale, cause de mortalité tardive en cas de polytraumatisme, était principalement due à l'hypoxie des tissus qui s'installe avant une prise en charge médicale efficace. La victime nécessitait donc des soins sur place, il fallait la stabiliser avant de la transporter, et notamment en cas d'hémorragie, compenser la perte de sang par une perfusion pour rétablir une pression sanguine (tension artérielle) « normale ». Cette méthode est appelée par les anglais stay and play (littéralement « rester et jouer », dans le sens « agir sur place »).

Les étatsuniens ont développé une approche différente. Ils ont, eux, remarqué que, pour les traumatismes graves, les victimes décédaient dans les premières heures. Notamment, en cas d'hémorragie interne, seule une opération chirurgicale peut sauver la victime. Il fallait donc que la victime puisse être sur la table d'opération en moins d'une heure — c'est le concept de golden hour (heure d'or). Ils ont donc développé une structure basée sur des ambulances sans médecin, avec du personnel paramédical (EMT-P, emergency medical technician-paramedic) formé à des gestes médicaux, comme l'intubation oro-trachéale, la pose d'une voie veineuse périphérique (perfusion), l'administration de certains médicaments (bronchodilatateurs, adrénaline), mais sans possibilité d'initiative si le cas sort des protocoles prévus. Ces paramedics évacuent la victime le plus rapidement possible vers un trauma center (centre hospitalier), la méthode est appelée scoop and run (charger et courir).

Les deux méthodes présentent des avantages et sont légitimes. Profitant de l'expérience de l'Amérique du Nord, la France a fait évoluer son système :

  • profiter du temps incompressible (par exemple, désincarcération d'une victime piégée dans sa voiture) pour pratiquer les gestes médicaux, mais réduire les gestes avant l'évacuation afin de respecter l'heure d'or, c'est le play and run (agir et courir) ; notamment, s'attacher à avoir une pression sanguine minimale et non plus une pression « normale », compléter le remplissage vasculaire (perfusion) par des médicaments vasopresseurs et un pantalon antichoc ;
  • la possibilité pour les non-médecins (et notamment les ambulanciers et les secouristes) d'utiliser un défibrillateur semi-automatique (DSA), qui équipe maintenant les ambulances privées de garde au profit du centre 15 et les VSAV des sapeurs-pompiers (de nombreuses associations de secourisme se sont elles aussi équipées à leurs frais de DSA) ;
  • l'intervention d'infirmiers pouvant appliquer des protocoles d'urgence écrits, et pouvant exécuter des prescriptions transmises par radio par le médecin régulateur du Samu. Ces infirmiers protocolés sont pour l'instant les infirmiers sapeurs-pompiers — ISP.
Le dernier point, appelé « paramédicalisation à la française » ou parfois « infirmiérisation des secours », permet à la victime de disposer de gestes médicaux de manière plus rapide ; en effet, le système d'urgence français est confronté actuellement à un problème d'effectif, or, il faut 7 ans pour former un médecin, 3 ans pour former un infirmier. On espère donc pouvoir disposer d'un maillage plus serré d'infirmiers sapeur-pompiers que de Smur. Par rapport au système nord-américain (EMT-P), les infirmiers sapeurs-pompiers disposent d'une possibilité d'initiative grâce à la prescription médicale par radio.

Bibliographie

  • W.C. SchÅ“maker, P.L. Appel et H.E.Kram : Tissue oxygen dept as a determinant of lethal and sublethal postoperative organ failure.- Critical Care Medicine, 1988, 16, 11, 117-120

Aide médicale urgente en France

En France, l'aide médicale urgente repose principalement sur deux ministères :

Historique du Samu et du Smur

L'origine des Samu et des Smur en France est la lutte contre deux « fléaux nationaux » : une épidémie de poliomyélite (maladie pouvant aller jusqu'à une paralysie respiratoire) en 1952 et les accidents de la route en nombre croissant (l'hécatombe culminera en 1972 avec dix-sept mille morts cette année-là).

Le premier service mobile de réanimation fut créé à Paris en 1956 par le professeur Maurice Cara (hôpital Necker), pour le transports inter-hôpitaux de patients sous assistance respiratoire avec un médecin. Le docteur Bourret créa la première unité mobile pour le secours aux accidentés de la route à Salon-de-Provence en 1957. Le premier décret sur l'organisation des secours aux victimes d'accidents de la route date du 3 août 1959. Les professeurs Cara, Lareng (Toulouse) et Serre (Montpellier) remarquèrent le décalage entre les soins prodigués une fois arrivés aux urgences et ceux prodigué avant et pendant le transport ; ils mirent en place la médicalisation des secours (présence d'un médecin dans les ambulances).

Cela conduisit en 1965 à la création des services d'urgence et des services de réanimation dans les hôpitaux d'une part, et des services mobiles d'urgence et de réanimation (Smur) d'autre part. Le premier service d'aide médicale urgente (Samu), chargé de coordonner les efforts médicaux entre les équipes préhospitalières (Smur) et les services d'urgence hospitaliers, fut créé en 1968 à Toulouse par le professeur Louis Lareng, mais il faudra attendre 1976 pour voir leur officialisation, avec la notion de réception centralisée des appels et la notion de régulation médicale ; le SAMU ne recevait alors pas d'appel direct du public.

La médicalisation des secours routiers fut seulement précaunisée dans la circulaire du 22 juin 1978. C'est en 1979 (Simone Veil était alors ministre de la Santé) que furent créés les centres de réception et de régulation des appels (CRRA), dits « Centre 15 », avec la notion de réception des appels du public et de coopération entre structures hospitalières et structures extra-hospitalières (circulaire du 6 février 1979.

Interventions préhospitalières France

En France, tous les niveaux de réponse sont assurés. Les différents véhicules d'urgence pouvant être envoyés sont :

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Textes législatifs

Aide médicale urgente en Belgique

En Belgique, l'aide médicale urgente est régulée par le Centre 100.

Les termes « aide médicale urgente » et « AMU » désignent également la formation de secourisme délivrée notamment aux sapeurs-pompiers, d'une durée initiale de 120h.

Aide médicale urgente aux États-Unis

Aux États-Unis, l'aide médicale urgente est gérée par les (EMS). Ils disposent de deux niveaux de soin pré-hospitaliers :

  • (CFR) : secouristes ;
  • '' : personnel paramédical, pouvant effectuer des gestes médicaux sur protocole, avec trois niveaux :
    • Basic (EMT-B) ;
    • Intermediate (EMT-I) ;
    • paramedic (EMT-P).
Les médecins ne sortent quasiment jamais des services des urgences, l'organisaiton consiste à transporter la victime le plus rapidement possible aux urgences.

Aide médicale urgente en Suisse

En Suisse, les intervention pré-hospitalières sont faites par des ambulanciers paramédicaux ayant une formation de quatre ans, intervenant par deux. Elles sont régulées par le Service sanitaire coordonné (SSC).

Voir aussi


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