Agriculture biologique Article, Signification, Explication
Le terme est apparu récemment, par opposition au système de production agricole qui s'est mis en place à partir du XXe siècle, qualifié de chimique en raison de son usage de produits de synthèse (engrais d'abord, puis produits de protection des plantes contre les maladies et les ravageurs), ou de productiviste par sa logique, et considéré, parfois, comme dangereux et non durable.
L'agriculture biologique se caractérise principalement par son refus d'utiliser des produits « chimiques ».
Les fondements théoriques de l'agriculture biologique utilisent les notions de :
Définition et théorie
L'agriculture biologique est, au sens propre, un pléonasme (il n'existe pas d'agriculture non biologique).
De tels fondements s'appuient sur des notions élémentaires qu'il convient de respecter tant au niveau de la théorie que de la pratique. Il 'sagit principalement de la notion :
Ces fondements, dans leur version contemporaine ayant rationnalisé sa démarche, conduisent à une forte recherche d'amélioration qualitative par une recherche constante d'alternatives à beaucoup de comportements de l'agriculture productiviste en s'appuyant sur des expertises pluridisciplinaires (biologiste, agronome, écologiste, pédologue, géologue...) et le partage des expériences, refusant la confiance, jugée excessive des agriculteurs productivistes envers les commerciaux des firmes agro-pharmaceutiques et de nombreuses chambres d'agriculture acquises au productivisme.
L'agriculture biologique s'est aussi distinguée en refusant d'une part le productivisme mais aussi un certain obscurantisme agricole basé sur des croyances celtes ou orientales que certains auraient voulus rattacher à l'agriculture biologique, ces croyances ont pu s'exprimer dans ce qui a été appelé agriculture biodynamique, même si cette école de pensée ne se réduit pas qu'à cela.
Elle a aussi permis de renouer avec un savoir agricole empirique totalement nié dans le productivisme inspiré par le scientisme.
Comme toute démarche innovant, la culture biologique a couté beaucoup d'argent aux premiers agriculteurs biologiques. En effet, devant faire leur preuve, ils ne pouvaient bénéficier des aides agricoles et de certains prêts car ils devaient convaincre les autres agriculteurs désignés comme expert et la FNSEA. L'hostilité à ce modèle agricole, jusqu'à une époque récente, était ultra-majoritaire au sein de la population agricole. Cela était surtout dû a l'impression de retour en arrière. En effet, la remise en question de la révolution verte était vécu comme un retour à l'agriculture de grand papa, et semblait réactionnaire à toute une génération d'agriculteur qui avait participé à ce grand mouvement productiviste. De leur point de vue, et à juste titre, il se considérait comme à la pointe du progrés et techniquement ultracompétent, sans voir les problèmes liés au modèles qu'il entretenait. Ce sentiment a été exacerbée par le discour radical des premiers agriculteurs biologiques qui avait pour quelques uns une vision mystique du métier, ces quelques agriculteurs ne sont plus a l'heure actuelle significatifs dans l'ensemble des exploitations biologiques.
Malgré tout l'intérêt de l'agriculture biologique, les résultats techniques (surtout les rendements quantitatifs, pour ce qui est des rendements qualitatifs, de la régularité et de l'homogénéïté ce fût vrai dans les débuts de l'agriculture biologique) de la plupart des cultures biologiques sont légèrement inférieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle. L'agriculture biologique massive entrainerait une légère baisse de la production agricole qui diminuerait l'excedent agricole européen et américain, alors qu'en afrique par exemple cela permettrait une hausse de la production agricole du fait de la meilleure prise en compte des éléments naturels et des réponses appropriées.
Surtout, cela permettrait une garantie de durabilité de l'agriculture, l'agriculture conventionelle n'étant pas viable (économiquement comme écologiquement) a long terme du fait de l'érosion des sols et des coûts indirects non pris en compte (frais de santé et dépollution par exemple) qui si ils sont pris en compte rendent l'agriculture biologique bien plus pertinente
Législation
Au niveau européen, le premier règlement sur l'agriculture biologique est entré en vigueur en 1992 (Règlement n° 2092/91), suivi en août 1999, de règles relatives à la production, l'étiquetage et l'inspection en matière d'élevage (Règlement n° 1804/1999). Un plan d'action pour favoriser le développement des modes de production biologiques est en cours d'élaboration, début 2004, par la Commission européenne.
Les règles de base sont l'interdiction d'utiliser des engrais chimiques et pesticides ou herbicides de synthèse. L'utilisation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) est également interdite.
Les produits de l'agriculture biologique bénéficient de marques et de logos protégés au niveau européen.
Il faut remarquer que cette législation définit ce qu'on appelle une « obligation de moyens », mais ne garantit pas la qualité des produits elle-même. Mais des taux de pesticides, le poids de matière sèche ou la quantité en micronutriments démontrent une qualité phytosanitaire moyenne supérieure de cette production, sans compter le facteur gustatif qui n'a pas encore fait l'objet d'enquêtes.
Le terme agriculture biologique est maintenant légalement protégé en France depuis la loi d'orientation agricole du 4 juillet 1980 et le décret du 10 mars 1981, lesquels l'ont définie, et ont fixé les conditions d'homologation des cahiers des charges et précisé les substances pouvant être utilisées dans la production, la conservation et la transformation des produits agricoles.
Place dans les politiques agricole européenne du début du XXIe siècle
Selon l'Agenda 2000, les agriculteurs sont tenus de respecter certaines normes environnementales de base, sans recevoir de compensation financière. Ils sont également soumis au respect du principe de pollueur-payeur. Cependant, les mesures agri-environnementales proposent de rémunérer les agriculteurs souscrivant à des engagements allant au-delà des bonnes pratiques agricoles. En particulier, la pratique de l'agriculture biologique permet de percevoir des primes. De plus, l'agriculteur biologique peut recevoir des aides aux investissements. Ces actions devraient tendre à favoriser l'adoption de pratiques d'agriculture biologique.
Depuis l'adoption du réglement européen de 1992, des nombreuses exploitations se sont converties à ce nouveau type de production agricole.
Plusieurs organismes certificateurs ont l'autorisation de délivrer la certification :
Il est vrai que les agriculteurs bio préfèrent restaurer les équilibres de la petite faune en favorisant la faune utile (lutte biologique) plutôt qu'éliminer indistinctement toute activité animale.
Un exemple de moins en moins controversé est celui de la bouillie bordelaise (à base de sulfate de cuivre) utilisée en arboriculture fruitière (pas seulement en agriculture biologique) est autorisée alors que la toxicité du cuivre aujourd'hui reconnue va conduire à son élimination, y compris en agriculture classique, déjà les effet nocifs du cuivre avaient entrainés une diminution des doses de cuivre dans la bouillie bordelaise et l'usage de plus en plus fréquent à d'autres méthodes.
L'agriculture bio élimine un certain nombre de risques sanitaires induits par l'usage, ou l'abus, de certains intrants chimiques, mais elle introduit des facteurs de risque liés à certaines pratiques :
L'agriculture biologique dans le monde
France
Le label agriculture biologique est défini par le ministère de l'agriculture et le logo AB est sa propriété, un cahier des charges précis défint les règles permettant d'être certifié.Allemagne
De nombreuses labels existent avec des cahiers des charges très differents.Agriculture biologique et agriculture conventionelle
L'opposition entre ces deux types d'agriculture n'est pas aussi radicale que cela peut apparaître à première vue.
D'une part, le cahier des charges de l'agriculture biologique préconise un certain nombre de mesures de gestion qui peuvent s'appliquer en agriculture classique, par exemple la rotation des cultures, ou le délai minimum d'abattage des animaux, qui s'impose aussi pour certains labels de qualité.
D'autre part, l'interdiction de produits chimiques (ce terme est vague comme la frontière entre chimique et naturel, mais les cahiers des charges sont, eux, précis) n'est pas totale en agriculture bio, elle est plus restrictive, les pyréthrénoïdes et la rotenone, deux insecticides naturels tirés de végétaux sont autorisés, ils ont une biodégradabilité rapide et sont beaucoup moins nocifs que ceux issus de la pétrochimie.
L'agriculture biologique a aussi permis de développer de nombreuses techniques et technologies innovantes dont la plupart se diffusent lentement dans l'agriculture productiviste et possèdent des avantages non négligeables :
Nombreuses sont les collectivités territoriales à favoriser activement l'agriculture biologique afin de faire de grosses économies et d'améliorer la santé des populations, tel que la ville de Munich depuis 1991 pour protéger les ressources en eau, ce programme est un succès.
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