Éric Létourneau Article, Signification, Explication
Éric Létourneau est un artiste transmédia, écrivain et compositeur, né à Montréal en 1967. Actif depuis les années 80, il a habité et travaillé au Canada, en Europe et en Asie de l'est. Il utilise plusieurs pseudonymes, notamment, André Éric Létourneau et Benjamin Muon. On a souvent associé sa pratique aux mouvements de l'art performance, de l'art radiophonique, de l'esthétique relationnelle, du néoïsme, de l'Oulipo, de la poésie, de la musique contemporaine, de Fluxus, du groupe Zaj, de l'actionnisme viennois et de l'art transgénique. Il est somme toute difficile de catégoriser le travail de cet artiste dont la pratique s'incrit directement dans le tissus social et dans l'infiltration à travers des phénomènes sociaux et existentiels.Depuis les années 80, Éric Létourneau a présenté plus d'une cinquantaine de performances, concerts et installations dans plus d'une dizaine de pays. Le travail d'Éric Létourneau consiste essentiellement à la mise en place de situations basées sur des phénomènes environnementaux, qu'ils soient culturels ou physiques. Les œuvres sont souvent structurées de manière à exploiter la résonnance des espaces à travers lequels de systèmes de connotation et de dénotation pré-établis se trouvent modifiés par l'intervention de l'artiste. Ces «situations construites» s'avérent être essentiellement des actions évanescentes au travers desquelles une volonté d'opérer la fusion art-vie semble prépondérante. En s'infiltrant dans les insitutions et en utilisant le tissu social comme principal matériau, les œuvres de Létourneau questionnent souvent les notions de «pouvoir» et de « consensus » au sein de la communauté, subvertissent souvent les instrumentalisations institutionnelles de la mémoire. Intéressé par l'affranchissement des conditionnements sociaux et l'aliénation individuelle ou collective, Éric Létourneau utilise adapte les méthodes de production suivant les besoins de chaque projet. Par exemple : équipement d'espionnage, correspondance, ententes légales, institutions gouvernementales, phonographie et radiodifusion dans «Standard III», (2005) ; publicité et radio pirate dans «Abribec», (2002), photographie, facteurs psychogéographiques et conversations individuelles dans Standard II (2001-présent), matière radioactive, accélérateur de particules, aéronef et vidéo dans «3 9 30» (1997), ou écriture dans «Sonate pour le loup» (2001) afin de créer des événements confondant production actuelle et archive, art et vie, individu et collectivité, et permettant ainsi la diffusion des œuvres au-delà de leur conditions d'origine. Il se place résolument en opposition aux tendances récentes en art contemporain où le politique est essentiellement utilisé à des fins de représentation dont les contenus visent la plupart du temps à valider des consensus de publics gagnés à l'avance par différentes formes de critiques conventionnelles.
Entre 1997 et 2001, Éric Létourneau a été collaborateur et réalisateur à la radio de Radio-Canada. Il est aussi professeur de théorie du multimédia, d'analyse des phénomènes de communication, d'histoire et de design d'événements transmedia dans diférents établissements d'enseignement supérieurs. Depuis la fin des années 80, il pratique aussi le journalisme culturel et politique dans la presse et les radios publiques et alternatives. Il a réalisé des documentaires sur les travaux de plusieurs de ses collègues artistes, notamment au sujet de Zhu Yu, Jean Dupuy, Denys Tremblay, Julien Blaine, Otto Muehl, Genesis P-Orridge, Esther Ferrer, Richard H. Kirk, Willem de Ridder, Jose Luis Castillejo, Juan Hidalgo, Robert Ashley, Eduardo Kac, Michel Chevalier, Christian Vanderborgh, Stelarc, Cosey Fanni Tutti, Charlemagne Palestine, Sadaharu Horio, Jacques Berrocal, Angéline Neveu, I Nyoman Rembang, I Wayan Suweca et plusieurs autres.
En 1997, Éric Létourneau a été récipiendaire du prix des Pépinières Européennes. À cette occasion, un livre à propos de son travail a été publié aux Pays-Bas par l'Académie des Beaux-Arts en Enschede. Depuis 1999, il est compositeur, interprète et concepteurs d'instruments électroniques dans les concerts et les vidéos du trio de performance sonore « mine mine mine» (avec Magali Babin et Alexandre Saint-Onge) qui présente régulièrement leur travail en Amérique et en Europe.
Depuis octobre 2001, le travail artistique d'Éric Létourneau s'articule autour de séries de rencontres-performances privées avec des citoyens ainsi que qu'autour d'interventions activées au cœur même des institutions représentatives des pouvoirs juridiques et législatif. Ces infiltrations ont lieu aux États-Unis, au Canada, en Chine, en Indonésie, en Italie, en France.
