Élection présidentielle aux États-Unis d'Amérique Article, Signification, Explication
L'élection présidentielle aux États-Unis est le processus qui, stricto sensu, permet aux « Grands électeurs » de choisir le Président et le Vice-président ; il obéit à des règles inscrites dans la Constitution. La désignation des « Grands électeurs » et le choix des candidats font l'objet de règles établies par chacun des états ou sont issues de traditions plus ou moins formalisées. Depuis la seconde moitié du XXe siècle ce processus prend environ un an.
L'article II de la Constitution institue les critères suivants :
La limitation du nombre de mandats à deux date du passage du XXIIe amendement à la Constitution en 1947, elle fait suite à l'élection de Franklin D. Roosevelt pour un quatrième mandat.
Le candidat doit se déclarer dans chaque état où il veut obtenir les voix des « Grands électeurs » (voir ci-dessous). Dans la pratique les dernières élections se sont jouées entre les deux candidats des Partis démocrates et répbublicains avec parfois l'inclusion d'un troisième candidat indépendant ou appartenant à un tiers Parti. Généralement il existe plus d'une douzaine d'autres candidats qui ne sont déclarés que dans quelques états, voire un seul, et qui n'ont aucune chance, même théorique, d'être élu.
Chaque année électorale, plus d'une demi-douzaine de candidats souhaitent se présenter avec l'étiquette de l'un des deux principaux Partis, républicain ou démocrate. Ces candidats commencent par faire campagne au sein de leur parti afin de s'assurer de soutiens éventuels. Ils se déclarent généralement en début d'année et entament une campagne d'environ 6 mois, ponctuée d'élections primaires (voir ci-dessous) qui se termine par la Convention nationale de leur parti en été.
Au sein du parti au pouvoir, le président en exercice, s'il n'a accompli qu'un seul mandat, est généralement candidat à un second mandat. Dans l'hypothèse contraire son vice-président devient le candidat évident ; les autres candidats sont alors, de facto, candidats à la vice-présidence.
Au sein du parti d'opposition la lutte est beaucoup plus ouverte et la tactique peut évoluer en cours de campagne car si l'un des candidats devient favori il peut choisir son co-listier parmi les autres candidats ou en dehors. Certains candidats peuvent alors marchander leur retrait contre une place de candidat à la vice-présidence.
La campagne pour la nomination implique de nombreuses rencontres publiques (meetings), des déplacements et de la publicité (affiches, télévision, etc.). Les candidats doivent recueillir auprès des citoyens et, surtout, des entreprises des fonds pour la financer mais ils doivent aussi s'assurer des soutiens en prévision de la véritable campagne qui est encore plus onéreuse.
Les élections primaires se déroulent à partir de mars et, en dehors de leur rôle principal, servent d'indicateur pour classer les candidats. Au fur et à mesure que les résultats apparaissent les candidats les moins cotés abandonnent la course et le candidat du parti est connu bien avant que la Convention n'officialise le fait.
Les élections primaires sont organisées par les deux principaux partis, républicain et démocrate, pour désigner dans chaque état les délégués du Parti qui se rendront à la Convention nationale (voir ci-dessous). L'existence et la forme de ces élections primaires dépendent du Parti et de l'état. Originellement les délégués élus étaient libres de leurs votes lors de la Convention ; depuis la seconde moitié du XXe siècle les délégués s'engagent sur un candidat et, de facto, ce sont les élections primaires qui déterminent le choix du candidat.
Les élections primaires débutent en janvier de l'année électorale dans l'Iowa et le New-Hampshire. Ces deux états, qui sont loin de représenter l'ensemble des États-Unis, se sont arrangés pour être les premiers à lancer le processus essentiellement pour bénéficier de la couverture médiatique qui en découle. Au fur et à mesure que les élections primaires se déroulent on assiste à l'élimination des candidats qui additionnent le moins de délégués. Cette élimination provient, en grande partie, de la diminution des soutiens financiers et le candidat ne peut plus se permettre de payer ses frais de publicité et de représentation. Pour contrer cet effet « boule de neige », de plus en plus d'état décident de tenir leurs élections primaires le même jour et ont choisi un mardi du mois de mars que les médias ont depuis baptisé « Super Tuesday ». Les dernières élections ont montré que le processus était loin d'être stabilisé puisque certains états continuent d'avancer leurs élections primaires dans l'espoir d'acquérir une plus grande importance aux yeux des médias alors que d'autres se regroupent dans le même but.
Dans la majorité des États, les élections primaires prennent la forme d'un vote qui peut être : ouvert à l'ensemble des électeurs qui le souhaitent, semi-ouvert (vote pour un seul parti) ou fermé, réservé aux membres du parti. Le vote « ouvert » permet, curieusement, à un électeur républicain de voter pour la désignation du candidat démocrate (et vice-versa).
Dans une minorité d'États, les élections primaires prennent la forme d'un caucus. Il s'agit d'une réunion des membres du Parti où les votes se font ouvertement, à main levée par exemple.
Dans les deux cas, primaires ou caucus, les candidats à l'election présidentielle commencent leur campagne dans les États depuis au moins un an avant le début des primaires. En raison du coût de ces mini-campagnes électorales multipliées, certains candidats ne se présentent pas dans tous les États pour économiser leurs fonds afin de faire campagne dans les États qui envoient le plus de délégués aux conventions.
L'histoire politique des États-Unis, a abouti à l'existence d'un bipartisme : Parti démocrate et Parti républicain. Ces deux partis réunissent des conventions pendant l'été pour désigner leur « ticket » à l'élection présidentielle. Sur ce ticket figurent deux noms : le candidat à la présidence et celui à la vice-présidence des États-Unis.
En principe les délégués choisis pendant les élections primaires, et représentant chaque état ou territoire américain, doivent voter pour désigner le candidat à la présidence et celui à la vice-présidence qui recevront le soutien du Parti et c'est ainsi que les Conventions ont fonctionné jusqu'à la fin de la première moitié du XXe siècle. Après cette date le processus de désignation du candidat a basculé au profit des élections primaires. Les médias totalisent le nombre de délégués acquis à la cause de chaque candidat et celui qui arrive en tête est connu dès la fin du mois de mars. La désignation du candidat par la Convention n'est donc qu'un pur formalisme.
Par contre le choix du candidat à la vice-présidence est effectué plus tard, voire annoncé pendant la Convention. Initialement la Convention désignait souvent le candidat arrivé second en tant que co-listier. De plus en plus, c'est le candidat à la présidence lui-même qui choisit son co-listier même si on comprend bien que ce choix se fasse avec l'accord du Parti. Le plus souvent le candidat à la vice-présidence est choisi parmi les candidats originels mais le Parti peut aussi sélectionner un « dark horse (cheval noir) », c'est à dire un relatif inconnu. Les motivations derrière ce choix sont, bien sûr, de nature électorale : il s'agit d'équilibrer le ticket. Par exemple, si le candidat principal est issu d'un état du sud, son co-listier sera issu d'un état du nord ; s'il est perçu comme étant un faucon sur un point politique sensible on choisira un co-listier moins engagé etc.
Une fois le vote achevé, le candidat désigné et son partenaire peuvent faire campagne avec l'aide de l'appareil et des fonds de leur parti. La Convention nationale est l'occasion de présenter au grand public la plateforme des candidats et elle signale l'ouverture de la véritable campagne électorale, celle qui opposera entre juillet et novembre les candidats républicains aux candidats démocrates.
Tout ce qui vient d'être dit concerne les deux grands partis politiques états-uniens. Rien n'empêche des candidatures indépendantes de ces partis. La faiblesse de ces candidatures vient du manque de moyens financiers et de notoriété des candidats, outre le fait qu'une grande partie des électeurs ne les prennent pas au sérieux.
Les difficultés rencontrées par les candidats indépendants sont accrues par l'obligation de faire enregistrer leur candidature dans chacun des cinquante États, chaque État décidant des procédures électorales(le plus souvent, un nombre de signatures de parrainage).
À cause de ses difficultés et de l'importance prise par les deux partis dominants, les candidats indépendants qui parviennent à se distinguer médiatiquement, usent principalement de leur fortune personnelle. Ce fut le cas de Ross Perot en 1992 et 1996, et de Ralph Nader en 2000 et 2004.
Le mardi qui suit le premier lundi de novembre (donc en aucun cas le 1er novembre), les électeurs américains sont invités à voter pour l'élection de leur président. Cependant, ils n'élisent pas directement leur président : le scrutin est au suffrage indirect. Ils choisissent de grands électeurs qui se réunissent à Washington, D.C au mois de décembre pour élire officiellement le président et le vice-président. Les raisons de ce choix de suffrage sont issus des premiers temps de l'indépendance du pays.
Il faut rappeler que :
Le président et le vice-président des États-Unis sont élus par un Collège électoral dont la définition figure dans la Constitution. Ce collège est constitué de Grands électeurs élus au suffrage universel dans chaque état. Chacun des cinquante états et le District de Colombie, ajouté depuis 1961, élit un nombre de Grands électeurs égal au nombre de ses Représentants et Sénateurs soit un total de 538 (102 au titre du Sénat et 436 au titre de la Chambre des représentants). L’état le plus peuplé, la Californie, dispose donc de 55 votes alors que les huit états les moins peuplés n’en ont que 3 chacun.
En principe les votes populaires devraient être exprimés en faveur d’un Grand électeur, dans la pratique les bulletins de vote sont rédigés sous la forme « Grand électeur en faveur de tel candidat ». De plus dans tous les états sauf deux, le Maine et le Nebraska, le système électoral donne toutes les voix (« winner takes all ») de l’état au candidat majoritaire. C’est ce qui explique la disparité entre les résultats populaires, qui dans les dernières élections était divisés à 50-50 environ entre Républicains et Démocrates, et les résultats des Grands électeurs qui donnent une majorité souvent écrasante à l’un des candidats. À titre d’exemple on peut citer l’élection présidentielle de 1972 où le candidat républicain Richard Nixon a été élu avec plus de 95% des voix des Grands électeurs alors qu’il n’avait emporté que 60% des voix populaires. En dehors du fait que, théoriquement au moins, un candidat pourrait être élu avec moins de 30% du vote populaire la critique la plus courante de ce système est qu’il favorise le bipartisme ; récemment les candidats d’un troisième parti n’ont reçu aucun vote de Grand électeur alors que leur score populaire a pu avoisiner 20%. On peut noter aussi qu’un Grand électeur peut décider de ne pas voter pour le candidat auquel il avait initialement apporté son soutien, les cas sont rares mais on en compte quand même huit dans la période contemporaine. Les médias annoncent donc le résultat des élections présidentielles au mois de novembre alors que, en théorie, les Grands électeurs ne votent qu’au cours du mois de janvier qui suit.
Le système actuel a été profondément modifié au cours des plus de cinquante élections qui ont précédé celle de George W. Bush en 2004. Initialement les Grands électeurs votaient séparément pour le président et le vice-président. Le premier candidat à obtenir une majorité devenait président et celui qui avaient obtenu, après lui, le plus de vote devenait vice-président. Ce système pouvait entraîner la « cohabitation » forcée d’un président et d’un vice-président de deux partis différents. Par deux fois il est arrivé qu’aucun candidat ne reçoive la majorité et c’est alors la Chambre des représentants qui a désigné le président. Au fur et à mesure des modifications des lois électorales, fédérale et étatiques, on est arrivé au système actuel de l’élection couplée du président et de son vice-président ainsi qu’au vote bloqué des Grands électeurs. De nombreuses associations cherchent toujours à modifier ce système pour revenir à un scrutin proportionnel au sein d’un état voire à l’éliminer complètement pour ne conserver que le vote populaire.
Si le vote des grands électeurs ne permet pas de départager les candidats (égalité parfaite en voix), c'est le Sénat qui élit le président, et la Chambre des représentants qui désigne le vice-président. Chaque État y a alors une voix, les députés de chaque État se mettant d'accord sur ce vote unique. Cette procédure ne fut utilisée qu'en 1800 pour l'élection de Thomas Jefferson. Remarquons que cette procédure donne autant de poids au Vermont qu'à la Californie...
Au XXe siècle, le télégraphe, la radio et la télévision permettent de savoir le soir même qui a remporté l'élection. Cette possibilité de dire le nom du président avant la réunion des grands électeurs est possible grâce à la traditionnelle loyauté des grands électeurs : en 2000, sur les 17 000 grands électeurs, 10 seulement n'avaient pas respecté le mandat confié par les électeurs de leur État et avaient voté pour un autre candidat (faithless electors), ce qui est légal. Certains États tentent de décourager ce type de comportement allant jusqu'à faire payer une amende à ces électeurs (en Caroline du Nord, par exemple, cette amende s'élève à 10 000 dollars). Il faut noter, cependant, que pour beaucoup de telles lois obligeant les électeurs à être loyaux seraient anticonstitutionnelles. En 2000, un grand électeur du District fédéral de Columbia s'est abstenu plutôt que de voter Al Gore pour protester contre le fait que le District n'était pas considéré comme un État à part entière.
Entre le vote de novembre et la confirmation formelle des grands électeurs d'une part, et la date du 20 janvier où le nouveau président prend le pouvoir, il y a une période de transition qui permet à l'ancienne « administration » de faire la liaison avec le nouveau gouvernement.
Le 20 janvier suivant l'élection présidentielle (ou le 21 janvier si le 20 tombe un dimanche), le nouveau président prête serment sur la Bible et fait un discours d'investiture qui doit marquer les grandes lignes de sa présidence. Ensuite, chaque année, à la même époque, le président se rend au Congrès pour un Discours sur l'état de l'Union qui lui permet d'annoncer les grandes lignes de l'agenda politique de l'année commençante.
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Les candidats à la candidature
Les États-Unis sont encore un pays d'immigration mais seuls les citoyens nés avec la nationalité américaine peuvent être candidats.Désignation du candidat des deux Partis principaux
Les élections primaires
Les conventions nationale des Partis républicain et démocrate
Les candidats indépendants
La désignation des « Grands électeurs »
Des traditions héritées du XVIIIe siècle
En application de la Constitution des États-Unis d'Amérique, l'élection présidentielle a lieu le mardi suivant le premier lundi du mois de novembre, tous les quatre ans. En cas de décès ou d'incapacité du président avant ces quatre ans, la Constitution prévoit tout une ligne de succession. Le jour de l'élection est donc fixé d'avance.
Le processus électoral marque ces deux choses :
L'élection du président par le Collège électoral
De l'élection des grands électeurs à celle du président
À cause de la lenteur des moyens de locomotion il y a deux siècles, les grands électeurs sont réunis en décembre dans la capitale Washington pour élire officiellement le président et le vice-président des États Unis. Note
En général, les autorités des États organisent plusieurs votes simultanément à l'élection présidentielle : élections municipales, des juges, du chef de la police, référendums, etc. C'est le très grand nombre de scrutins simultanés qui oblige à recourir à des moyens électromécaniques ou électroniques pour enregistrer les votes.Transition
Liens internes
Bibliographie
