article sur le Écriture littéraire, Explication sur le Écriture littéraire

Écriture littéraire Article, Signification, Explication

  

Table of contents
1 Définition générale
2 Écritures
3 Ratures
4 Jets
5 Styles
6 Fond et forme
7 Écriture et Histoire
8 Sources et bibliographie

Définition générale

L'écriture, c'est l'acte d'écrire. En littérature, c'est l'acte de l'auteur qui produit un texte.

L'écriture littéraire obéit aux normes de l'orthographe et de la grammaire. L'écrivain s'autorise des licences poétiques, des digressions, des néologismes, de manière à appuyer son discours, à rendre esthétique sa prose. C'est ainsi qu'il se différencie et devient artiste.

L'écriture est l'ensemble des outils de langage qui permettent de construire un texte qui produit du sens.

Dans les parties qui suivent, nous tentons de présenter ce qu'est le travail de l'écriture.

Écritures

L'écriture est pour l'écrivain le moyen de transmettre un récit, une intrigue, une description, un portrait, un sentiment, une émotion. C'est aussi le moyen de créer sa propre langue. Chaque écrivain possède son style, sa manière de construire l'histoire, de construire les phrases, d'utiliser les mots.

L'écriture littéraire a pour but (désiré ou non) de se retrouver dans l'univers social, d'être publié.

Selon les écritures, l'écrivain utilisera l'écriture (les figures de style, la rhétorique, les expressions, les mots) pour servir son histoire; ou alors il utilisera l'histoire pour servir son écriture. Dans le premier cas, on peut considérer qu'il s'agit d'une fabrication de texte, dans le second d'une invention. Dans les deux cas, la frontière sera bien sûr toujours ténue, chaque écriture étant une combinaison de fabrications et d'inventions. Écrire en langage peut aussi être écrire un langage. Ce langage sera bien sûr dépendant de la langue de départ, du contexte socio-culturel, tout texte est une imitation.

Cette transmission de pensées par l'abstraction des mots est par essence approximative: le mot ne touche pas l'objet. Le lecteur a tout loisir d'interpréter ce qu'il lit. Sachant cela, l'écrivain utilise donc l'écriture par ses évocations, par les sens possibles d'un mot.

Ratures

Parlant de cette abstraction des mots, nous pouvons évoquer les infinies combinaisons de mots dans une langue. La possibilité de pouvoir tout représenter par des mots, chaque possibilité restant personnelle à celui qui l'écrira. Ce vertige est celui qui saisit l'écrivain lorsqu'il travaille un texte, la manifestation de ce vertige se trouve dans les brouillons d'écrivains, bien souvent remplis de corrections, de ratures, d'ajouts. Brouillons d'écrivains à la BNF

Un roman, une nouvelle, un poème, ne sont jamais un premier jet. La volonté du mot juste, la recherche du rythme parfait, de la sonorité exacte, provoque des ajouts, des variations, des suppressions, des retours. La recherche dans ses souvenirs, dans ses connaissances, dans ses références, dans les livres, dans les dictionnaires (synonymes, définitions, rimes, analogies, symboles...), l'idée qui surgit quand on ne l'attend pas et qu'il faut noter, tout cela fait partie du travail d'écriture. La cohérence dans un roman ne peut se faire qu'au prix d'un travail scrupuleux d'écriture, de relectures, de ré-écritures.

  • « Le difficile en littérature, c'est de savoir quoi ne pas dire. » Gustave Flaubert.

Jets

On distingue le premier jet. Dans l'écriture automatique des surréalistes, cela est devenu la contrainte. Ce premier jet est celui des émotions. On peut dire que l'inconscient écrit. Il est celui sans retenu, que l'on ne relit pas.

Pourtant, nombre d'écrivains se corrigent pendant le premier jet, revenant immédiatement sur un mot, ou quelques lignes plus tôt sur une phrase.

Le second jet (et les suivants) seront ceux, reposés, de la reprise en main du texte, quand l'écrivain donne la cohérence, et travaille le style.

Jean Guenot distingue l'écriture du roman en « couches minces » de l'écriture en « couches épaisses ». Dans le premier cas, l'écriture du roman se fait en entier, mais d'abord par allusions, par notes, par mots clefs. Ensuite les couches s'étoffent, tout au long du roman. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que chaque couche soit complètement terminée. Dans le second cas, l'écriture du roman se fait par partie, chaque partie étant terminée avant de passer à la suite.

Styles

Nous avons dit que toute écriture est personnelle: on reconnaît le style d'un écrivain.

« ''They sent him to Dallas to kill a nigger pimp named Wendell Durfee. He wasn't sure he could do it.

The Casino Operator's Council flew him. They supplied first-class fare. They tapped their slush fund. They greased him. They fed him six cold.

Nobody said it:

Kill that coon. Do it good. Take our hit fee.

The flight ran smooth. À stew served drinks. She saw his gun. She played up. She asked dumb questions. »

Un style à la mitraillette, des phrases de quatre mots blanches comme la mort, c'est James Ellroy, le début de The cold six thousands (titre français: American death trip).

Fond et forme

Dans un texte, quand la forme correspond au fond, la puissance évocatrice est démultipliée, ou au moins confirmée. Un texte évoquant la douce puissance, la force et l'immanente beauté de la nature sera, avec bonheur, lyrique. Une phrase annonçant l'arrivée trépidante d'un taureau battant le sol de ses sabots, sera tapante et frappante de p, de b, de t...

Pour parvenir à cela, l'écriture fait appel à la poétique, à la rhétorique, aux figures de styles: assonance, allitération, métaphore, métonymie, comparaison, répétition, oxymore, anacoluthe... Mais aussi à des formes plus simples d'artifices: placement des mots, utilisation des temps (présent, futur, passé simple, plus que parfait...), emploi de l'adjectif, de l'adverbe...

  • « La bonne prose pourtant doit être aussi précise que le vers, et sonore comme lui. » Gustave Flaubert.
  • « Quand je n'essaye pas d'écrire, je lis. Très lentement. À haute voix dans ma tête. Je lis en écoutant des mots. Quand j'écris aussi, j'entends les mots. L'écriture, c'est d'abord un texte que j'écoute. J'écris et je prononce en même temps. Il faut que je m'entende. » Nathalie Sarraute, dans Le Monde.
  • « La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée est l'âme de la vie. » Gustave Flaubert.
  • « Plus une idée est belle, plus la phrase est sonore. » Gustave Flaubert.

Écriture et Histoire

Écrire s'inscrit dans une époque. L'écrivain s'inscrit dans une lignée. Il est influencé par ses lectures, par son temps, par sa classe sociale.
Roland Barthes remarque que la forme choisi par des écrivains varie avec le temps, que des contemporains peuvent avoir des styles proches ou différents, que tout sépare. « Gide et Queneau, Mallarmé et Céline, Claudel et Camus, qui ont parlé le même état historique de notre langue avaient des écritures profondément différentes. ».

« Placés au cœur de la problématique littéraire qui ne commence qu'avec elle, l'écriture est essentiellement la morale de la forme, c'est le choix de l'aire sociale au sein de laquelle l'écrivain décide de situer la nature de son langage. ». Dans le degré zéro de l'écriture, Barthes aborde l'écriture blanche, les écritures politiques, l'écriture du roman, l'utopie du langage, y a-t-il une écriture poétique, triomphe et rupture de l'écriture bourgeoise, écriture et révolution.

Sources et bibliographie

  • Roland Barthes, Le degré zéro de l'écriture (ISBN 2-02000-610-3)
  • Jean Guenot, Ecrire, guide pratique de l'écrivain, avec des exercices (ISBN 2-85405-079-7)
  • Michel Volkovitch, Le verbier (ISBN 2-86231-157-X)

  • Citations du monde pour les citations de Flaubert

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