Économie Article, Signification, Explication
Le terme économique vient du grec oïkos (maison) et nomos (administrer) ; soit l'art de bien administrer une maison, de gérer les biens d'un particulier ou de l'État. Un des premiers traités historiques traitant de l'économie est dû à Aristote. Il est remarquable qu'il y faisait une distinction nette d'avec la chrématistique (de khréma-atos) qui est l'art de s'enrichir. Selon Aristote l'accumulation de la monnaie pour la monnaie était une activité contre nature et qui déshumanise ceux qui s'y livrent (voir Les économiques et l'Éthique à Nicomaque).L'économie est une science sociale dont le but est l'étude de la façon dont la société emploie des ressources rares à des fins de production, en réponse aux besoins et aux désirs de chacun et de la façon dont elle redistribue les résultats de cette production.
Par leurs études, les économistes tentent d'analyser comment la société humaine produit ses richesses et les répartit, et de proposer des explications à certains dysfonctionnements, ou des possibilités d'amélioration. Ils peuvent aussi réaliser des études pour estimer les effets d'une loi ou d'un projet de loi. Les résultats de ces études (qui peuvent être contradictoires d'un modèle à l'autre) peuvent être utilisés par les gouvernement pour réguler l'activité économique.
L'économie, et la façon dont elle est gérée par les gouvernements, est intimement liée à des philosophies politiques. Par exemple, l'Union européenne a été créée dans le but de favoriser la coopération entre les états européens pour rendre une nouvelle guerre entre pays européens impossible. Elle a aussi un enjeu social, en particulier en ce qui concerne la répartition des richesses dans la société.
Depuis la fin du XXe siècle, l'économie est aussi un enjeu écologique. En effet, l'impact des activités économiques sur les réserves de ressources naturelles (déforestation, énergies fossiles, minerais) et sur l'équilibre de la planète (climat, biodiversité...) posent la question du Développement durable.
Principe
L'économie part du principe que les ressources sont en quantités limitées, et qu'il faut donc choisir comment les employer. Dans la rareté, le choix d'une alternative implique le renoncement aux autres alternatives possibles; c'est ce que les économistes nomment le coût d'opportunité. De plus, des ressources limitées ne peuvent, à un moment donné et dans un contexte technologique donné, conduire qu'à une production limitée, ce qui pose le problème de la redistribution des produits.
Pour évaluer deux utilisations différentes des ressources, l'économiste utilise une mesure de l'utilité du résultat ainsi obtenu. Cette mesure, dépendant du modèle de l'économiste, est sensée représenter la satisfactions des besoins de la population. Pour un modèle économique donné, une organisation est dite efficiente si elle fait l'utilisation des resources qui a l'utilité maximale.
Les recommendations issues d'un modèle économique dépendent amplement des hypothèses utilisées pour construire le modèle.
« L’économie est l’étude de la façon dont l’homme et la société choisissent, avec ou sans recours à la monnaie, d’employer des ressources productives rares qui sont susceptibles d’emplois alternatifs, pour produire divers biens de la consommation présente ou future des différents individus et groupes qui constituent la société. » (P. Samuelson).
« L’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société ; elle s’intéresse d’une part, aux opérations essentielles que sont la production, la distribution, et la consommation des biens, d’autre part, aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations » (Edmond Malinvaud).
« La science économique est la science de l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces ressources, elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités. » (R. Barre).
« La science économique étudie la rareté, nécessairement fondée sur le désir mimétique puisque pour qu'une chose soit rare il est nécessaire qu'au moins deux individus la désire simultanément, en présupposant que les agents économiques sont autonomes et non soumis à ce désir. Rien d'étonnant, dans ces conditions, que cette 'science' aboutisse à des résultats assez cocasses, pour le plus grand plaisir des petits et des grands » (L.Inconnu)
Comme la plupart des sciences humaines, l'économie peut aborder son objet de deux points de vue complémentaires : elle est dite
Contrairement à la plupart des sciences sociales, l'économie fait un large usage de modèles mathématiques. Néanmoins, si l'on peut parfois y trouver l'utilisation de mathématiques supérieures, telles que le calcul différentiel ou intégral, la plupart du temps, on n'y utilise que de l'algèbre relativement simple. Les économistes pensent que les méthodes mathématiques encouragent les chercheurs à se concentrer sur l'essentiel, et rendent l'exposition moins sujette aux ambiguïtés. Néanmoins, les bases de l'économie peuvent n'être enseignées qu'avec un peu d'arithmétique et de simples graphes, sans nécessairement devoir connaître les théories mathématiques sous-jacentes.
On notera cependant que les fondements de l'économie sont vivement attaqués. Un certain nombre de critiques porte sur les bases mathématiques et leur portée ne peut être comprise qu'en maîtrisant les axiomes économiques.
Au sein de ces grandes divisions, on trouve des zones d'étude plus spécialisées, qui tentent de répondre aux questions du point de vue — plus large — de l'activité humaine.
On trouve également des méthodologies utilisées par certains économistes, dont on ne peut nier l'importance des théories. Les exemples les plus significatifs sont sans doute :
Citations
Quatre définitions par P. Samuelson, E. Malinvaud, R. Barre et un français inconnu:Étude
Un autre aspect de l'économie est l'étude de la manière dont des stimulants (les conséquences de différentes actions) peuvent affecter le comportement d'un individu ou d'un groupe. Les économistes tendent à penser que les stimulants et les goûts personnels jouent un rôle important dans la préparation de la prise de décision.
Certains aspects de l'économie requièrent une attention particulière : le commerce, l'allocation des ressources et la concurrence.Domaines d'étude de l'économie
L'économie est souvent divisée en deux grandes catégories :
Les tentatives de réunion de ces deux branches, ou de réfutation de leurs différences, ont été l'un des principaux moteurs de la pensée économique récente, surtout dans les années 1970 et le début des années 1980. Aujourd'hui, un consensus semble s'être formé autour de l'idée que la microéconomie constitue le fondement de la macro-économie. Cependant un certain nombre de chercheurs épistémologues de l'économie parmi lesquels Claude Mouchot, ont démontré récemment qu'il ne peut pas exister de fondement micro-économique à la macro-économie.
Peu à peu, les théories économiques ont trouvé des applications dans des contextes beaucoup plus vastes. En effet, on peut considérer que dans tout domaine où les individus sont confrontés à des choix — l'éducation, le mariage, la vie publique, etc. —, on peut trouver un aspect économique. La théorie du choix public (public choice theory) étudie comment une analyse économique peut s'appliquer à des domaines traditionnellement considérés comme étrangers à ce domaine. Et, de fait, les domaines d'investigation de l'économie chevauchent ceux d'autres sciences sociales, telles que la psychologie sociale, la politique, ou la sociologie.
Article principal: Histoire de la pensée économique
On considère souvent que la pensée économique moderne a débuté avec le Mercantilisme. Cette doctrine économique prône le développement économique par l'enrichissement des nations, et de L'État et du souverain en particulier, au moyen du commerce extérieur (Le mot vient de l'italien « mercante » qui signifie « marchand ») mais aussi de l'industrialisation.. Elle se situe historiquement à la fin du Moyen-Âge et marque aussi la fin de la prééminence des doctrines de l'Église dans l'organisation sociale. Il repose sur la croyance - fausse - que la richesse ne repose que sur les métaux précieux.
Le mercantilisme français est représenté par des hommes tels que Jean Bodin (1530-1596), Antoine de Montchrestien (1575-1621) ou Jean-Baptiste Colbert (1619-1683). Il s'agit donc d'enrichir l'État par le développement industriel et l'exportation (L'État doit donner l'exemple en créant de grandes activités comme par exemple des manufactures)pour obtenir de l'or et de l'argent en contrepartie.
Le courant des physiocrates ne constitua qu'une brève étape de la pensée économique. Son apport essentiel est qu'il existe un ordre naturel gouverné par des lois. Le rôle des économistes est de comprendre et de révéler les lois de la nature telles qu'elles opèrent dans la société et dans l'économie afin de montrer comment ces lois opèrent dans la formation et dans la distribution des richesses. Fondée elle aussi sur une croyance érronée - seule la terre et l'agriculture seraient créatrices de richesse - la physiocratie aura une existence assez brève (moins de 20 ans). Le courant physiocrate apparaît en effet en 1758, avec la parution du Tableau économique et s'efface devant l'Economie Politique Classique en 1776, date de la parution de la « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des Nations » d'Adam Smith.
Au 18ème siècle se développa surtout la pensée classique, autour tout d'abord de Daniel Bernoulli (créateur dès 1738 du concept fondamental d'utilité), puis d' Adam Smith et de David Ricardo. Les classiques anglais charchent à comprendre la dynamique de la croissance dans le contexte de la révolution industrielle naissante : ils insistent à la fois sur le rôle du travail dans la création de la richesse (notion de « valeur travail » tout en soulignant leur attachement au libéralisme économique et leur croyance dans la nécessité d'une forte accumution du capital et d'une répartiton des revenus judicieuse pour soutenir la croyance économique.
Au XIXe siècle, la pensée économique s'est notamment développé avec l'apport de Karl Marx. L'économie moderne est en fait avant tout un affinement de la pensée économique néo-classique (voir Histoire de la pensée économique pour un aperçu des précurseurs de Smith, ainsi que des différentes écoles qui lui ont succédé).
C'est John Maynard Keynes qui donna naissance à la macroéconomie dans les années 1930. De nombreux économistes utilisent un mélange de microéconomie néo classique et de macro économie keynésienne. Cette combinaison, appelée parfois synthèse néo classique, fut populaire dans l'enseignement et fut surtout largement appliquée en politique économique dans les pays occidentaux après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à la fin des années 1970.
A noter une grande diversification des courants économiques de nos jours, notamment par l'application de nouvelles approches techniques :
Notons aussi, à titre plus anecdotal, la contribution de Howard Rheingold (auteur du livre Smart Mobs). Il pense comme Marx que les systèmes économiques sont la conséquences des conditions technologiques et sociales d'une époque (« modes de production », en terminologie marxiste), mais en tire des conclusions très différentes : si les marchés ont créé la notion de capitalisme et la société industrielle du XIXe siècle celle de capitalisme, alors selon lui les conditions nouvelles de production créées par l'Internet (entre autres le partage de fichiers) changent la donne économique et pourraient préluder à l'apparition de nouveaux systèmes économiques concurrents à la fois du capitalisme et du socialisme, coexistant tant bien que mal avec eux, et entrant en conflit avec eux au passage. Des mouvements comme celui de l'Open source avec le GNU et Linux, ainsi que les escarmouches qui se multiplient au sujet des échanges de fichiers MP3 et DivX en seraient selon lui les signes avant-coureurs.
Comme Léon Walras, de nombreux économistes ont eu l'ambition de découvrir des lois capables d'expliquer et de prévoir le comportement des acteurs économiques. Cependant, l'économie ne peut être définie comme une science exacte (selon la définition de Karl Popper) en raison de son caractère fondamentalement autoréférentiel: la connaissance d'une loi modifie le comportement des acteurs économiques qu'elle est censée décrire.
Un exemple en est le comportement des banques centrales : depuis quelques décennies elles ont appris à limiter l'impact des crises financières par une action rapide de régulation. Cependant les investisseurs intègrent progressivement cette nouvelle donnée qui leur permet de prendre plus de risques que par le passé. Ce nouveau mécanisme aboutit ainsi à une nouvelle instabilité financière.
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Les origines (XVIe- XVIIe siècle)
Préclassiques et classiques (XVIIIe - XIXe siècle)
Diversification de la pensée (XXe - XXIe siècle)
Par ailleurs, l'essor des sciences de gestion (management, marketing, organisation, relations humaines, technologies de l'information) a perfusé en économie, aboutissant en particulier à la reconnaissance du savoir, de la compétence et de l'information comme facteur essentiel (économie de la connaissance) de production et de développement, en plus des trois « classiques » : ressources naturelles, travail et capital.Epistémologie
Voir aussi
Aspects généraux
Aspects particuliers
Liens externes
